Enseignants et étudiants de terminale en spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), cet article est pour vous. Chaque semaine, Benjamin Daubeuf, professeur agrégé d’histoire-géographie, vous recommande un article d'actualité pertinent. Cette semaine, il met en lumière l'entretien accordé au prestigieux hebdomadaire Die Zeit par le sociologue allemand Herfried Münkler, qui s'efforce d'explorer les racines et l'évolution des conflits armés.
L’article de la semaine
Dans cet entretien captivant, Münkler évoque l'origine des conflits et leur évolution au cours de l'histoire humaine. Un sujet incontournable pour les enseignants et les élèves qui préparent leur grand oral sur ce thème. Nous vous invitons à porter une attention particulière à l'évolution de la notion de conflit, du Moyen Âge à nos jours.
Retenir une citation clé
“Le général [prussien] Carl von Clausewitz affirmait que la guerre ne commence pas par l’attaque mais par la défense.”
Les étudiants sont familiers avec l’ouvrage de Clausewitz, De la guerre, qui reste une référence majeure. Il insiste sur le fait que la guerre ne se déclare que lorsque la partie agressée choisit de se défendre. Münkler illustre ce point avec des exemples historiques, notamment la Seconde Guerre mondiale et le conflit actuel en Ukraine. Par exemple, lorsque l'armée allemande a envahi l'Autriche en 1938, l'absence de résistance autrichienne a empêché une déclaration de guerre. En revanche, en septembre 1939, la Pologne choisit de résister à l’agression, ce qui entraîne une déclaration formelle de guerre.
Pour Münkler, avant le XIVe siècle, on ne pouvait parler de grandes guerres au sens moderne, mais plutôt de violence omniprésente. La guerre de Trente Ans (1618-1648) constitue un tournant dans l'histoire européenne, un conflit où les mercenaires s'en prenaient aux civils sans pitié. Ce modèle de violence se retrouve dans de nombreuses guerres civiles contemporaines, où les acteurs armés causent dévastation et terreur parmi les populations innocentes.
En revanche, le XIXe siècle apparaît relativement pacifique, marqué par une période de calme après les guerres napoléoniennes, aboutissant à la Première Guerre mondiale en 1914.
Münkler mentionne également la guerre froide, période sans affrontement direct entre les États-Unis et l'URSS, mais marquée par des “guerres par procuration” souvent sous-estimées par les médias, excepté la guerre du Vietnam. Ce dernier détail rappelle que le “piège de Thucydide” n'est pas un destin inéluctable, illustré par la capitulation des Soviétiques en fin de guerre froide.
Ce débat riche offre une multitude d'idées sur la nature même de la guerre et de la paix. Nous vous encourageons à lire l'intégralité de l'entretien si le sujet vous intéresse.
Pour aller plus loin
Pour approfondir ce sujet, nous vous recommandons la lecture des articles suivants, qui explorent la fine ligne séparant un état de paix d'un état de guerre :
- Analyse de Die Zeit sur la technique de la zone grise.
- Réflexion sur les manières d’instaurer la paix dans un monde conflictuel, parue dans De Tijd.
- Cet article du South China Morning Post sur l'équilibre des puissances.
À ne pas manquer cette semaine
Nous pouvons aussi encourager les élèves de terminale à consulter la revue de presse sur le rôle de l'intelligence artificielle Claude dans le conflit en Iran, disponible ici.







