Suite au scrutin du dimanche 22 mars, de nombreux candidats battus dans diverses communes ont rapidement signalé leur intention de déposer des recours juridiques pour annuler les résultats du scrutin. Les raisons évoquées sont variées et les conséquences de ces actions demeurent incertaines.
Le tribunal administratif de Bastia, bien que réticent à communiquer sur le sujet, a confirmé avoir reçu plusieurs recours électoraux dans le but d'organiser de nouvelles élections municipales. Selon des sources de Corse-Matin, ce processus pourrait potentiellement mobiliser à nouveau les électeurs vers les urnes.
Les communes touchées par ces recours incluent Ajaccio, Calvi et Galeria. À Ajaccio, le candidat de l'alliance 'Unioni di i Patriotti' (Rassemblement National, Mossa Palatina, Union des Droites pour la République et le nouveau Rassemblement pour la République) a annoncé son intention de contester le scrutin, fournissant des preuves qu'il espère convaincre la justice.
Contactée, Anna Lisa Chiappini, candidate sur la liste 'Gagner pour Ajaccio', a déclaré que le chef de file du RN, François Filoni, possède des éléments probants pour justifier son recours. Par ailleurs, l'avocat et nouvel élu Alexandre Guillaume-Tollinchi (UDR) travaille actuellement à la constitution du dossier juridique.
Les motifs de contestation incluent des soupçons d'irrégularités dans les méthodes de campagne et des alléguées manipulations de procurations. Stéphane Sbraggia, le vainqueur du scrutin avec 46,51 % des voix, reste sous le feu des projecteurs, alors que ses concurrents se battent pour faire valoir leurs droits.
Faux plis en Balagna ?
À Calvi, Jérôme Sévéon a également exprimé son mécontentement, soutenant que les résultats étaient entachés d'irrégularités. Il a mis en lumière des anomalies, citant que “916 électeurs n’habitent plus aux adresses indiquées” parmi les 3900 votants.
Le candidat, qui a recueilli 1 768 voix, soit 368 de moins que le maire réélu Ange Santini, émet des doutes quant à la légitimité de certains suffrages. “Il y a eu 930 retours de plis électoraux : habitent-ils encore sur Calvi ?” se demande-t-il, prêt à défendre sa position devant la justice.
En réponse, Ange Santini a appelé son rival à faire preuve de dignité en balayant les accusations d’irrégularités.
À Galeria, Jean-Marie Séité a annoncé qu'il allait également porter l'affaire en justice, considérant que l’écart de voix entre lui et Joachim Rossi (216 contre 212 voix) est suffisamment faible pour élever des doutes sur l'intégrité du scrutin. Le gagnant de l'élection, Joachim Rossi, tout en exprimant sa surprise, souligne que toutes les parties prenantes ont signé les documents de proclamation sans réserve.
Réponse dans quelques semaines
Le tribunal administratif a un délai de cinq jours après le scrutin pour statuer sur les recours, pouvant conduire à l'annulation des résultats si des manœuvres sont constatées dans l’établissement des listes électorales ou dans le déroulement des élections, comme l'indique Le Monde.
Enfin, le maire dont l’élection pourrait être annulée a la possibilité de faire appel au Conseil d’État, qui disposera de trois mois pour rendre sa décision.







