Depuis le début des frappes américano-israéliennes la fin février, la navigation dans le détroit d'Ormuz est quasiment à l'arrêt. Toutefois, à partir de dimanche dernier, le régime iranien a annoncé une réouverture partielle de cette voie maritime cruciale. Téhéran permet désormais le passage des cargos commerciaux en provenance de pays tiers, tout en excluant ceux liés aux États-Unis et à Israël.
Le détroit d'Ormuz, habituellement emprunté par un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, a vu ses activités maritimes dramatiquement diminuer. Selon les données de Kpler, seulement 144 passages ont eu lieu entre le 1er et le 21 mars, une chute vertigineuse de 95 % par rapport à la normale. Parmi ceux-ci, plus de la moitié des 91 pétroliers étaient chargés. La fermeture de cette route a entraîné une flambée des prix de l'énergie sur les marchés mondiaux.
Dans un contexte économique tendu, l'Iran a déclaré, le 24 mars, qu'il autorisait à nouveau certains navires à traverser, sous condition qu'ils soient jugés "non hostiles". Dans un communiqué adressé à l'Organisation maritime internationale (OMI), Téhéran a précisé que ces vaisseaux pourraient "bénéficier d'un passage sûr en coordination avec les autorités compétentes". En revanche, "tout actif appartenant aux agresseurs", c'est-à-dire les États-Unis, Israël et leurs alliés, serait strictement interdit de passage.
Des experts en géopolitique marine estiment que cette ouverture pourrait avoir des implications significatives sur les marchés pétroliers, mais aussi sur les relations diplomatiques en cours. Pour Marie Dupont, analyste au Centre d'études stratégiques de Paris, "ce geste de l'Iran pourrait être une tentative de rétablir un certain équilibre dans la région, mais il est essentiel que les acteurs internationaux soient vigilants face à la situation instable".







