L'escalade des tensions entre l'Iran et Israël a atteint un nouveau sommet, avec des échanges incessants de frappes à l'issue de la session de mercredi. Alors que les États-Unis évoquent un projet de paix, des pays tiers tentent de jouer les médiateurs du conflit.
La situation devient explosive : des initiatives émergent pour désamorcer une guerre qui affole les chancelleries et perturbe les marchés, plongeant le Moyen-Orient dans l'incertitude. L'ambassadeur iranien au Pakistan, Reza Amiri Moghadam, a fermement rejeté les allégations d'éventuelles pourparlers avec Washington, proclamant : "Aucune négociation n'a eu lieu".
Cette affirmation survient alors qu'une partie de la presse iranienne tourne en dérision les commentaires du président américain, qui avait récemment déclaré que des discussions étaient en cours pour mettre fin au conflit. Sur la Une du quotidien conservateur *Javan*, Trump est représenté avec un nez de Pinocchio, symbole des accusations de mensonge.
Les désaccords demeurent : qui, au sein du régime iranien, détient réellement le pouvoir décisionnel ? "Depuis la réorganisation de la direction, il devient plus difficile de savoir qui a véritablement le contrôle", indique Guillaume Lasconjarias, expert de l'université de la Sorbonne.
Un diplomate présent dans la région commente : "La priorité actuelle est d'établir une trêve, permettant aux deux parties de revendiquer une victoire tout en préservant leur image. Cependant, il serait prématuré d'être optimiste".
- Pré-négociations en cours -
Plusieurs médias, y compris *Le New York Times* et la chaîne israélienne Channel 12, rapportent que les États-Unis auraient proposé un plan de paix de 15 points à l'Iran via le Pakistan. Ce plan inclut un cessez-le-feu d'un mois, pendant lequel les autorités iraniennes pourraient examiner les demandes américaines.
Parmi les points clés figure une condition de renoncements au soutien d'alliés régionaux comme le Hezbollah et le Hamas, ainsi que des mesures sur le programme nucléaire iranien. En échange, Téhéran bénéficierait d'une levée des sanctions et d'un soutien pour son programme nucléaire civil. Ce changement d'orientation contraste vivement avec les revendications antérieures de Trump, qui exigeait une "capitulation sans condition" de l'Iran.
Ainsi, les pré-négociations visent à comprendre les attentes américaines tout en maintenant une certaine ambiguïté sur la guerre. Lasconjarias souligne : "Nous assistons à une dissociation stratégique dans les objectifs de paix entre Israël et les États-Unis, compliquant le suivi de la situation".
- Un cadeau mystérieux -
Dans un discours récent, Trump a fait allusion à un "très gros cadeau" des Iraniens concernant les hydrocarbures, sans toutefois fournir de détails. Parallèlement, l'Iran a déclaré que les "navires non hostiles" pourraient naviguer en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.
Les tensions militaires ne s'apaisent pas pour autant. L'envoi de 3.000 soldats parachutistes américains dans la région a été évoqué, tandis que les Gardiens de la Révolution ont intensifié leurs attaques contre Israël, touchant notamment la région de Tel-Aviv et des bases militaires américaines en Jordanie et au Koweït.
Du côté israélien, l'armée a intensifié ses frappes sur des cibles en Iran, visant ce qu'elle qualifie d'infrastructures du "régime terroriste". Des témoignages témoignent d'une vie hésitante à Téhéran : "Nous avons tout, mais le sentiment d'impuissance prévaut", rapporte Shayan, un photographe de 40 ans.
Enfin, la situation au Liban s'aggrave, avec des frappes israéliennes ayant causé des pertes importantes et des millions de déplacés depuis le début des hostilités. Selon Mustafa Ibrahim Al Sayed, un résident de Tyr, "depuis 1978, c'est ma cinquième expérience d'exil. Que pouvons-nous faire ?". Les habitants craignent pour leurs vies et leurs foyers alors que le chaos perdure.







