Entre surcharge, manque de reconnaissance et épuisement physique, la profession infirmière est à bout de nerfs. Un sondage inquiétant révèle que plus d'un tiers des infirmiers envisagent de démissionner. Sur le terrain, les professionnels décrivent des rythmes de travail épuisants.
Ce constat fait écho à la période du confinement, où les soignants étaient applaudis pour leur dévouement. Selon un baromètre publié par RTL, plus de 36 % des infirmiers envisagent de quitter leur poste. Un chiffre alarmant soulignant la dégradation des conditions de travail, souvent accompagnées d'un profond sentiment de déclassement.
Ce baromètre met en lumière un manque de reconnaissance flagrant. En effet, 90 % des infirmiers interrogés expriment ne pas se sentir suffisamment valorisés. Ce sentiment est encore plus prononcé dans les établissements hospitaliers où 91 % des infirmiers ressentent un manque de considération, et 95 % chez les infirmiers libéraux. À l’inverse, 80 % d'entre eux affirment se sentir reconnus par leurs patients, ce qui accentue l'écart entre l'importance de leur rôle et la reconnaissance accordée par le système de santé.
Manque de reconnaissance, stress et usure physique
L'enquête souligne également la détérioration de la santé mentale et physique des infirmiers. Notamment parmi les infirmiers libéraux, 38 % d'entre eux rapportent un niveau de stress élevé, 43 % souffrent de troubles du sommeil, et 56 % de douleurs musculo-squelettiques. Ces chiffres reflètent les exigences de la profession et les conditions de travail souvent épuisantes, sans véritable période de récupération.
Au micro de RTL, Marie, 42 ans, infirmière libérale à Paris, raconte qu'elle visite entre 20 et 30 patients chaque jour, commençant ses journées dès 6 h 30, sans pause jusqu'à 14 h ou 15 h. Un rythme de travail qui impacte gravement son bien-être physique et mental. De manière générale, l'étude révèle que 65 % des infirmiers constatent une dégradation de leurs conditions de travail au cours des cinq dernières années, aussi bien à l'hôpital qu'en pratique libérale.







