En Corse, l'élevage d'huîtres se concentre principalement en Plaine Orientale. Sur l’étang de Diana, à Aleria, les producteurs ont récemment intégré des techniques novatrices visant à optimiser la qualité des huîtres tout en renforçant leur résistance aux effets du changement climatique.
Jeanne Muraccioli, une ostréicultrice locale, s’active au milieu des tables d’élevage, inspectant attentivement les huîtres qui arrivent à maturité. Ces dernières se développent dans des casiers australiens, des structures cylindriques qui succèdent aux méthodes traditionnelles. Après trois années de tests, cette approche a été pleinement adoptée, marquant un tournant pour l'exploitation.
Une technique plus performante
Les avantages de cette innovation sont multiples, tant pour la récolte que pour la réduction des pertes. "Auparavant, nous utilisions une méthode traditionnelle d'immersion qui ne favorisait pas toujours une croissance optimale. Maintenant, nous avons opté pour une culture en surface, permettant une meilleure oxygénation des huîtres dans des zones mieux aérées", explique Jeanne. Ces casiers en surface assurent aussi une exposition accrue à la lumière, tout en protégeant les coquillages des parasites, ce qui contribue à obtenir des huîtres plus charnues et homogènes.
Le défi du changement climatique
Cependant, l'innovation ne saurait gager contre la principale menace : le réchauffement des eaux. "Pour l'instant, nous gérons ce risque en développant des solutions techniques adaptées", rassure Bernard Pantalacci, ostréiculteur de la région. Il souligne l'importance de la recherche scientifique pour créer des huîtres capables de résister à l’élévation des températures, afin de contrer les impacts du changement climatique sur la production.
Une production en baisse mais un marché solide
Il y a deux décennies, l'exploitation produisait plus de 100 tonnes d’huîtres par an, un chiffre tombé aujourd'hui à environ 70 tonnes. "Nous parvenons à vendre environ 60 % de notre production durant les fêtes", précise Jeanne. Malgré cette baisse, les huîtres corses conservent un public fidèle, particulièrement en fin d’année. Qu’elles soient crues ou cuites, elles s'imposent comme un incontournable des repas festifs et commencent même à s'exporter au-delà des frontières insulaires, figurant sur les cartes des restaurants à Paris.
Un article réalisé à partir du reportage de Gabin Cransac, Livia Santana, et Christophe Gineste.







