Le 11 avril dernier, des membres de la famille de Salah Abdeslam ont été placés en garde à vue sur décision d'un juge d'instruction antiterroriste, alors qu'ils se rendaient au parloir de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Parmi les interpellés, se trouvait sa mère. Tous ont été relâchés sans poursuites, une situation qui a suscité de vives réactions.
Selon des sources judiciaires, cette opération a été menée dans le cadre d'une enquête en cours. Le Parquet national antiterroriste a confirmé ces faits, sans fournir d'autres précisions. Les avocats des proches entendent toutefois dénoncer cette garde à vue comme une "instrumentalisation judiciaire", selon leurs propres termes.
Une garde à vue sans suites à ce stade
Les personnes interpellées n'ont pas été présentées à un magistrat instructeur afin d'être mises en examen. Les avocats soulignent qu'"aucun indice grave ou concordant" ne justifie ces mesures, déplorant une absence de fondement juridique solide. Ce précédent aurait pour but d'expliquer le maintien de certaines restrictions sur les visites qu'ils jugent illégitimes.
Des précédents troublants
Cette situation s'inscrit dans le cadre d'une enquête débutée en novembre 2022, lorsqu'Abdeslam avait été placé en garde à vue pour possession d'une clé USB contenant des documents liés à la propagande terroriste, ayant été transmise lors d'un parloir par son ex-compagne. Cette affaire avait déjà amplement alimenté les débats sur la sécurité et la gestion des visites en prison.
Des conditions de détention contestées
Récemment, le tribunal administratif de Lille a ordonné un assouplissement des conditions de parloir pour Abdeslam tout en maintenant son isolement carcéral. Ainsi, les avocats rappellent qu'il n'existe aucun élément probant pour justifier une surveillance accrue des visites.
Un objectif contesté par la défense
Dans leur communiqué, les avocats dénoncent une "instrumentalisation d'une procédure pénale" qui, selon eux, a servi des intérêts administratifs au détriment des droits fondamentaux des détenus. Salah Abdeslam, seul survivant des commandos impliqués dans les attentats de novembre 2015, purge une peine de réclusion à perpétuité et est sous le régime de l'isolement depuis près d'une décennie, alors qu'une nouvelle décision judiciaire est attendue prochainement.







