L’état de santé de la militante iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, s’est gravement détérioré après une crise cardiaque en mars, suscitant des inquiétudes croissantes pour sa vie.
La militante iranienne Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, est actuellement emprisonnée depuis son arrestation en décembre 2025 et souffre d'un état de santé jugé « grave ». Sa fondation a partagé ces préoccupations lors d'un communiqué publié le 15 avril 2026, alertant sur les risques immédiats que son emprisonnement représente pour sa vie.
Le 11 avril 2026, sa famille et son équipe juridique ont pu lui rendre visite dans la prison du nord de l'Iran où elle est incarcérée. Ils ont observé « des signes évidents de dégradation de son état général ». La fondation a averti que « la poursuite de cette situation représente un risque immédiat et irréparable pour la vie de Narges Mohammadi ».
Des conditions inhumaines et des menaces persistantes
Une première visite fin mars avait déjà révélé qu'elle avait subi une crise cardiaque. Depuis, Narges Mohammadi « s’est extrêmement affaiblie et a enregistré une perte de poids significative », selon son frère, Hamidreza Mohammadi, qui vit en Norvège. Elle se trouve à présent dans une cellule avec des prisonnières accusées de meurtre et a fait l’objet de menaces de mort répétées de la part de ses codétenues.
A 53 ans, Narges Mohammadi est une figure emblématique du combat contre la peine de mort et les restrictions imposées aux femmes en Iran. Depuis 1998, elle a été emprisonnée à plusieurs reprises pour ses engagements. Sa dernière arrestation, le 12 décembre 2025, fait suite à des critiques formulées à l'encontre des autorités religieuses iraniennes lors d’une cérémonie funéraire. En février 2026, elle a été condamnée à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale et à un an et demi de prison pour propagande contre le système islamique.
Son arrestation est survenue peu avant le déclenchement d'un vaste mouvement de contestation contre le régime, qui a été réprimé de manière brutale, faisant des milliers de morts. La communauté internationale, y compris des organisations de défense des droits humains, appelle à un examen urgent des conditions de détention de Mohammadi, dénonçant le traitement inhumain des prisonniers politiques en Iran. Ce condamne l'inaction des pouvoirs publics face à un sujet aussi vital.







