Le conflit qui secoue le Moyen-Orient met à mal les finances et la capacité opérationnelle des États-Unis. En effet, la consommation record de munitions entraîne une diminution significative des stocks, ce qui pourrait entraver la capacité américaine à intervenir ailleurs dans le monde, notamment face à une éventuelle agression de la Chine contre Taïwan.
L’intervent...ion militaire des États-Unis en Iran devient un fardeau pour l’administration Trump. Selon des sources citées par le Wall Street Journal et le New York Times, l'usage intensif de munitions en quelques semaines remet en question la capacité de Washington à gérer d'autres crises.
Depuis le début du conflit le 28 février, l'armée américaine a utilisé plus de mille missiles de croisière Tomahawk et entre 1 500 et 2 000 missiles de défense, incluant des systèmes tels que Patriot, Thaad et Standard Missile. À cela s'ajoutent plus de 1 000 missiles JASSM-ER, déterminants pour un engagement théorique avec la Chine.
Ces chiffres illustrent une tension alarmante : selon des analystes, le remplacement de ces équipements pourrait prendre des années. Le coût de cette consommation d'armement, qui pourrait atteindre entre 28 et 35 milliards de dollars, soulève des préoccupations sur la viabilité des opérations militaires américaines.
Les stocks américains ont fondu
Pour soutenir ses opérations au Moyen-Orient, le Pentagone a redéployé des ressources depuis l'Asie et l'Europe, ce qui diminue encore sa capacité de dissuasion face à d'autres puissances. Un porte-avions qui devait être en mer de Chine a été redirigé vers la région, tout comme des unités des Marines. Des systèmes de défense en Corée du Sud ont aussi subi des déplacements temporaires.
Des experts préviennent des dangers de cette situation. Un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS) évoque qu'une part considérable des stocks américains a été affectée : 27 % des Tomahawk, plus d’un tiers des JASSM, et jusqu’à 80 % de certains systèmes d'interception comme les Thaad. « Il faudra des années pour reconstituer ces réserves », alerte Mark Cancian, co-auteur du rapport, notant que certaines de ces munitions étaient déjà sous pression avant le début des hostilités.
Le Pentagone veut accélérer la cadence
En réponse aux inquiétudes, le Pentagone s'efforce d’augmenter rapidement la production d’armement. Des contrats avec des industriels majeurs comme Lockheed Martin et RTX ont été signés pour intensifier la fabrication, tandis que l'administration Trump espère que le Congrès approuvera 350 milliards de dollars pour reconstituer les réserves.
Cependant, ces initiatives rencontrent des obstacles tant politiques qu'industriels. Le Pentagone attend des financements supplémentaires pour véritablement relancer la production. Ce conflit met également en lumière une autre faiblesse : la dépendance de l’armée américaine à des munitions onéreuses et complexes à produire, à un moment où les futurs conflits vont exiger des quantités de plus en plus importantes, notamment en matière de drones et d'armements plus accessibles.







