Le camp de Tessalit, un point névralgique au nord du Mali, a été capturé par des groupes armés, renforçant l'instabilité à laquelle le pays fait face, selon des informations locales et sécuritaires. Cette attaque survient après une série de frappes dévastatrices par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), alliés d'Al-Qaïda, ainsi que par la rébellion du Front de libération de l'Azawad (FLA). La junte, déjà vulnérable, a accusé certains militaires et politiques d'avoir soutenu cette offensive, procédant à plusieurs arrestations.
Sur le terrain, des élus locaux ont confirmé que les troupes maliennes et leurs soutiens russes avaient quitté leur base de Tessalit dès vendredi matin, et avaient évacué sans combat, selon un responsable du groupe rebelle. Ce dernier a affirmé que Tessalit était désormais aux mains des insurgés, peu avant que les forces rebelles promettent de contrôler progressivement le nord du pays.
Une position géographique stratégique
Tessalit est crucial non seulement pour sa situation géographique mais aussi pour sa grande piste d'atterrissage, qui accueille différents types d'avions, notamment militaires. De nombreux soldats maliens et leurs alliés devaient y stationner, rendant le camp vital pour les opérations militaires. "Tessalit est la plus ancienne base établie par les colonisateurs français, permettant une surveillance étendue sur le Sahara", a déclaré un officier. La prise de Tessalit s’inscrit dans un contexte où les groupes armés ont déjà pris le contrôle de Kidal.
Conséquences en chaîne
Les récentes attaques coordonnés ont fait au moins 23 morts. Le parquet militaire de Bamako a ouvert une enquête pour établir la responsabilité de certains militaires dans la planification de ces offensives. L'UNICEF a également signalé que des enfants faisaient partie des victimes civiles des attaques.
Les JNIM ont lancé un appel à un "front commun" pour renverser la junte, ajoutant un blocus routier sur Bamako. Le même jour, un hommage a été rendu au ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati, un coup dur pour le gouvernement militaire.
La mort de ce général de 47 ans, perçu comme l'architecte du rapprochement avec la Russie, soulève des doutes quant à la capacité de la junte à gérer les menaces des groupes armés. Les manifestations de défiance se multiplient, remettant en question la stratégie militaire de la junte qui prétendait avoir inversé le cours des événements face aux combattants islamistes. En dépit des difficultés, Moscou a assuré que ses forces resteraient au Mali, contestant les demandes des rebelles pour un retrait.







