Le 7 mai, la justice britannique a déclaré Chung Biu Yuen et Chi Leung Wai coupables d'avoir fourni une aide aux services de renseignement chinois et hongkongais. Cette condamnation a conduit le gouvernement britannique à convoquer l'ambassadeur de Chine, Zheng Zeguang, afin d'exprimer son indignation face à ce que le secrétaire d'État à la Sécurité, Dan Jarvis, a qualifié d'"atteinte à notre souveraineté".
Âgés respectivement de 65 et 38 ans, Yuen et Wai ont été reconnus coupables après un procès de plusieurs mois devant l'Old Bailey à Londres. Chung Biu Yuen, ancien officier supérieur de la police de Hong Kong travaillant pour le bureau commercial à Londres, et Chi Leung Wai, un policier londonien, étaient accusés d'avoir effectué des opérations secrètes sur ordre des autorités de Hong Kong.
Sous les directives de Yuen, Wai était en charge de la collecte d'informations sur des cibles prenant position contre les autorités de Hong Kong, y compris des personnalités politiques britanniques telles que le député conservateur Iain Duncan Smith, connu pour sa critique acerbe de Pékin. Malgré leur plaidoyer de non-culpabilité, le verdict est tombé et la peine sera prononcée lors d'une audience prévue le 15 mai.
Le ministre Jarvis a affirmé que ces actions étaient inacceptables sur le sol britannique et a souligné le besoin d'une réponse ferme envers de telles atteintes à la sécurité nationale. Le gouvernement travailliste, qui a œuvré pour un rapprochement avec Pékin, maintient que la Chine représente une "menace" pour la sécurité du Royaume-Uni.
À plusieurs reprises, Londres a accusé Beijing d'ingérence politique et d'espionnage. En janvier, le lancement de la construction d'une immense ambassade chinoise à Londres avait soulevé des inquiétudes à ce sujet.
Outre les accusations de collecte d'informations, Yuen et Wai ont également été impliqués dans des opérations de surveillance ciblant des personnes accusées d'infractions à Hong Kong. Leurs méthodes ont été jugées préoccupantes par les experts en sécurité nationale, qui s'inquiètent de l'implication croissante de la Chine dans des opérations d'espionnage sur le territoire britannique.
En mars dernier, trois autres personnes, présumées coupables d'espionnage pour le compte de Pékin, avaient été interpellées par la police antiterroriste londonienne, renforçant le climat de méfiance autour des activités chinoises au Royaume-Uni.
Helen Flanagan, responsable de la police antiterroriste à Londres, a exprimé l'espoir que ces condamnations rassureront les résidents britanniques susceptibles d'être la cible d'États étrangers. Elle a fait l'éloge du travail complexe et, à l'issue de longues enquêtes, des forces de sécurité, pour démêler les ramifications de ces opérations d'espionnage de grande envergure.
L'arrestation de Yuen et Wai fait suite à des révélations antérieures selon lesquelles la Chine disposerait de "postes de police secrets" sur le sol britannique, susceptibles d'être utilisés pour surveiller et intimider des opposants politiques. Ces allégations sont fermement niées par les autorités chinoises, qui dénoncent des manœuvres antichinoises orchestrées par Londres.







