Dans un contexte où le nom de Donald Trump émerge de manière répétée dans les "Epstein Files", un collectif d'activistes s'est proposé de transformer ces documents en une œuvre provocante. Les 3,5 millions de pièces de cette affaire, minutieusement imprimées, tapissent désormais les murs d'une galerie de Manhattan, confrontant le public à l'ampleur du scandale.
L’affaire Epstein a désormais sa bibliothèque, pour ainsi dire. L'Institute for Primary Facts, une ONG dédiée à la transparence, a fait imprimer l'intégralité des 3,5 millions de documents rendus publics par le ministère de la Justice. Ces "Epstein Files" sont réunis en 3 400 volumes, exposés jusqu'à la fin du mois de mai dans une galerie d'art à New York.
Ce projet, intitulé "Donald J. Trump and Jeffrey Epstein Memorial Reading Room", a pour ambition de raviver l'intérêt autour de cette affaire sordide, récemment éclipsée médiatiquement par des événements tel que la guerre en Iran. Les organisateurs veulent mettre en lumière les relations qui unissent le président américain au prédateur sexuel, décédé en prison en 2019. Bien que Trump n’ait jamais été inculpé dans cette affaire, son nom figure à plusieurs reprises dans les documents, accompagné de témoignages accablants. Sa proximité avec Epstein est bien documentée : les deux hommes se qualifiaient d'"amis" avant une rupture liée à un litige immobilier en Floride.
"Un des crimes les plus horribles de l'histoire américaine"
"L'intérêt pour cette affaire est en baisse, c'est pourquoi nous avons décidé d'organiser cette exposition", confie David Garrett, porte-parole de l’événement. "Les preuves présentées ici illustrent l’un des crimes les plus horribles de l'histoire américaine. Nous espérons que ceux qui visiteront cet espace comprendront l'importance de faire respecter l'État de droit en Amérique."
L'accès à cette galerie, située dans le quartier huppé de Tribeca, nécessite une réservation en ligne ainsi que la présentation d'une pièce d'identité. Les organisateurs, conscients de la sensibilité du sujet, prennent des précautions. "Il y a des inquiétudes légitimes quant à des représailles," précise Garrett, évoquant les poursuites récentes engagées par le ministère de la Justice contre James Comey, ancien directeur du FBI, pour s'être opposé à Trump. La discrétion sur les financements de l'exposition est également de mise, les noms des donateurs demeurant confidentiels.
"Trump a plus en commun avec Epstein qu'avec Kennedy"
Les organisateurs sont en guerre d'image, cherchant à remettre Donald Trump sur le devant de la scène. Selon Garrett, Trump détourne l'attention en associant son nom à des institutions emblématiques américaines, comme le Kennedy Center. Récemment, il a fait imprimer des billets de banque à son image et souhaite lancer une édition limitée de passeports arborant son portrait. "Trump a clairement plus de points communs avec Jeffrey Epstein qu’avec John F. Kennedy," observe David Garrett.
Les visiteurs n'ont pas la possibilité de consulter les volumes empilés dans un cadre inspiré des grandes bibliothèques américaines. Certains noms n'ont pas été masqués dans les documents, selon les organisateurs, qui ont également créé un espace dédié aux victimes, désignées dans la presse comme des "survivantes". En mémoire des 1 200 victimes déclarées, 1 200 bougies illuminent le sol, contrant l'obscurité des huit tonnes de documents disposés sur les murs.







