Ce dimanche, la cour criminelle de Damas a ouvert un procès pionnier qualifié par le juge de "transitionnel" concernant des violations graves des droits humains. Il s'agit des charges portées contre Atef Najib, cousin de Bachar al-Assad et ancien chef des services de sécurité à Deraa, épicentre du soulèvement populaire de 2011.
Pourquoi est-il jugé ?
Atef Najib a comparu lors des audiences de ce procès qui vise également à juger en contumace les responsables ayant fui, incluant Bachar et Maher al-Assad. Le juge Kakhr al-Din al-Aryan a rappelé les événements tragiques de 2011 lors de la répression des manifestations pacifiques.
Quels actes lui sont reprochés ?
Les accusations comprennent « meurtres, tortures et détentions arbitraires ». Najib est spécifiquement poursuivi pour des actes de torture ayant entraîné la mort dans des centres de détention, faisant écho à des pratiques décrites comme des crimes de guerre et contre l'humanité, selon les autorités.
Dans quel contexte ces actes ont-ils été commis ?
Le déclencheur de la révolte syrienne remonte au 15 mars 2011, suite à l'arrestation de jeunes lycéens à Deraa. Najib, considéré comme l'un des principaux architectes de cette répression, a été démis de ses fonctions peu après, mais les événements ont déclenché une guerre civile qui a engendré plus d'un demi-million de victimes. Les prisons syriennes ont vu disparaitre des milliers de personnes dans des conditions inhumaines.
La situation a profondément changé avec l'arrivée des forces islamistes il y a quelques années, qui ont promis un cadre de justice pour les crimes du passé. Atef Najib est l'un des premiers anciens responsables à faire face à la justice suite à la chute du régime d'Assad. Comme le souligne le média Libération, ce procès représente non seulement un acte symbolique, mais pourrait également ouvrir la voie à d'autres poursuites contre des figures emblématiques du régime syrien.







