Narges Mohammadi, la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, vient de sortir de prison après une grave détérioration de sa santé. Selon son mari, Taghi Rahmani, résidant à Paris, "la vie de Narges ne tient qu’à un fil". Elle a été arrêtée le 12 décembre 2022 à Mashhad pour avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes et a été emprisonnée à Zandjan, où son état s'est rapidement aggravé.
Âgée de 54 ans, Mohammadi milite depuis plus de vingt ans pour les droits humains, s'opposant fermement à la peine de mort et à l’obligation du port du voile pour les femmes. Sa libération sous caution a été annoncée le week-end dernier, avec des précisions indiquant qu’elle serait soignée par son équipe médicale à Téhéran.
Des soins médicaux nécessaires
Les autorités iraniennes ont accordé cette libération sous caution, mais n'ont pas précisé le montant de celle-ci. Mostafa Nili, son avocat, a confirmé qu'elle avait été transférée pour des raisons médicales. Cependant, son mari reste préoccupé, insistant sur le fait que "Narges ne doit pas retourner dans les conditions qui ont compromis sa santé".
Sa fondation redoute également pour sa sécurité et exhorte les autorités à garantir qu'elle ne purgera pas les 18 années restantes de sa peine. En prison, Narges a subi deux crises cardiaques en mars et mai 2023, et sa perte de poids ainsi que ses difficultés d'élocution ont suscité de vives inquiétudes. Selon son avocate, Chirinne Ardakani, elle a évolué vers un état « méconnaissable » par rapport à sa condition avant son arrestation.
Appels à l’action internationale
Les États-Unis ont réclamé sa libération, soulignant qu'elle nécessite des soins médicaux urgents. Le secrétaire d’État adjoint américain, Riley Barnes, a déclaré que le monde entier observait cette situation. Les jumeaux de Narges, Ali et Kiana Rahmani, étudiant à Paris, n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était incarcérée.
Les événements entourant Narges Mohammadi sont révélateurs d'une réalité troublante sur les droits de l'homme en Iran. Les militants et les observateurs internationaux continueront de surveiller la situation de cette icône de la lutte pour les droits humains, en espérant une amélioration de sa condition et une protection contre de futures répressions.







