Deux passagers rapatriés du MV Hondius, actuellement face à une alerte sanitaire liée à l'hantavirus, ont été testés positifs. Les évacuations finales du navire, stationné aux Canaries, se poursuivent ce lundi.
L'Espagne, face à la situation, a assuré avoir mis en œuvre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour éviter une éventuelle propagation de ce virus rare mais connu. Un total de 94 croisiéristes et membres d'équipage, représentant 19 nationalités, ont déjà été évacués, parmi lesquels un Américain et une Française se sont révélés positifs au hantavirus, qui peut entraîner un syndrome respiratoire aigu, sans traitement ni vaccin disponible.
Le ministère américain de la Santé a annoncé qu'un second passager américain présentait des "symptômes légers". Sur les cinq Français rapatriés et placés en isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est dégradé, et les tests ont confirmé qu’elle était positive. Au total, 22 cas contacts ont été identifiés en France.
Malgré la gravité de la situation, le gouvernement a appelé à la prudence, incitant la population à ne pas céder à la panique. "Il n'est pas surprenant de voir émerger quelques cas parmi les contacts proches", a souligné le ministère espagnol de la Santé.
La crise à bord du MV Hondius, qui doit quitter le port ce lundi soir en direction des Pays-Bas, évoque des souvenirs de la pandémie de Covid-19. Toutefois, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) insiste sur le fait que cette situation n'est pas comparable à celle de 2020. À ce jour, trois passagers ayant voyagé à bord ont perdu la vie suite à l'hantavirus.
- Ravitaillement et évacuations -
Au port de Granadilla, sur l'île de Tenerife, le MV Hondius a été ravitaillé en carburant ce matin. Les évacuations se poursuivent avec deux vols de rapatriement, incluant un vol pour l'Australie.
Angel Víctor Torres, ministre espagnol de la Politique territoriale, a exprimé son espoir de terminer les opérations avant l'heure prévue. Le Hondius, battant pavillon néerlandais, transportera toujours environ 30 membres d'équipage, et devra faire route vers les Pays-Bas dans l'après-midi.
Dimanche, les passagers ont quitté le navire sous surveillance, équipés de combinaisons de protection et de masques, avant de prendre place sur un zodiac pour rejoindre la terre ferme et l'aéroport de Tenerife-Sud, où les attendaient des bus militaires.
Déjà, des rapatriements ont été effectués vers plusieurs pays, dont les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Irlande, et même les États-Unis.
- Surveillance renforcée -
Tous les contacts considérés à haut risque feront l'objet d'une surveillance étroite. L'OMS recommande une quarantaine de 42 jours. Chaque pays a mis en place son propre protocole sanitaire, souvent en cohérence avec les recommandations de l'OMS.
Les 14 Espagnols rapatriés sont déjà isolés dans un hôpital militaire, et les six passagers partant pour l'Australie seront placés en quarantaine pendant au moins trois semaines. En Allemagne, quatre rapatriés asymptomatiques devront rester en isolement à domicile pour 45 jours. Aux États-Unis, un suivi médical sera assuré sans quarantaine obligatoire.
La variante de l'hantavirus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est rare et contagieuse entre humains, avec une incubation pouvant durer jusqu'à six semaines. Ce virus se transmet généralement par l'intermédiaire de rongeurs infectés.







