La Corée du Sud est confrontée à un véritable défi en matière de vocations religieuses. Pour y faire face, un temple bouddhiste a récemment fait le choix audacieux d’ordonner un robot moine, marquant ainsi une première mondiale.
En mai 2026, une cérémonie solennelle s'est tenue dans un temple de Séoul, représentant l'ordre Jogye, la plus grande école bouddhiste du pays. Loin d'ordonner un moine humain, le temple a accueilli un petit robot humanoïde de 1,30 mètre, produit par la société chinoise Unitree. Ce robot, constitué d'aluminium et de fibre de carbone, est doté de caméras et de capteurs qui lui permettent de communiquer grâce à une intelligence artificielle. Habillé d'une robe traditionnelle des moines bouddhistes, il a prêté serment devant des moines humains, promettant de dédier sa vie aux enseignements de Bouddha.
Dépoussiérer l'image du bouddhisme
Cette cérémonie représente une double approche : elle vise à moderniser l'image du bouddhisme tout en servant d'outil de marketing pour attirer une nouvelle génération. Les responsables de l'ordre espèrent que Gabi, le robot moine, insufflera une touche technologique au bouddhisme zen, tout en assistant les moines dans leurs tâches quotidiennes, notamment pour guider les fidèles dans le temple.
La situation est préoccupante : alors que dans les années 90, près de 500 nouveaux moines étaient ordonnés chaque année, ce chiffre a chuté à moins de 100 aujourd'hui, un symptôme de la crise des vocations qui frappe de nombreuses traditions religieuses. Selon des études menées par des chercheurs, cette tendance n'est pas unique au bouddhisme, mais touche également d'autres religions en Corée, notamment le christianisme. Les jeunes, se tournant de plus en plus vers les technologies et les modes de vie contemporains, s'éloignent des pratiques religieuses traditionnelles.
Gabi pourrait donc devenir un pont entre la tradition et la modernité, un espoir pour les responsables religieux qui cherchent à redynamiser leur communauté. Dans un monde où la technologie prend une place centrale, l'initiative du temple Jogye pourrait bien poser les bases d'une nouvelle manière de vivre la spiritualité, comme le souligne un expert en sociologie des religions.







