Les sénateurs américains ont validé le 12 mai la nomination de Kevin Warsh au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). Cette étape cruciale précède son accession à la présidence de la banque centrale américaine, alors que le pays traverse une période d'inflation inquiétante.
Choisi par Donald Trump pour prendre la relève de Jerome Powell, dont le mandat arrive à expiration vendredi, Warsh est considéré par les démocrates comme un « pantin de Trump ». Il bénéficie cependant du soutien d'une majorité républicaine au Sénat et devrait obtenir un feu vert définitif sous peu.
Warsh, qui a déjà siégé comme gouverneur de 2006 à 2011, a pour objectif de maintenir son poste pendant 14 ans. Les membres du conseil, dont les mandats sont conçus pour protéger l'institution des pressions politiques, pourraient faire face à des défis, notamment à cause de l'influence continue du président Trump, qui a exercé une pression sans précédent sur la banque centrale pour qu'elle abaisse les taux d'intérêt, comme le notent plusieurs experts économiques.
Lors de son audition, Warsh s'est montré ferme en déclarant vouloir « garantir l'indépendance de la politique monétaire ». Il a affirmé que le président ne lui avait pas demandé d'agir d'une certaine manière concernant les taux d'intérêt, s'engageant à ne jamais s'y plier.
Interrogations sur sa capacité à résister aux pressions
Kevin Hassett, conseiller économique de Trump, s'est montré confiant sur la nomination de Warsh en affirmant être « 100 % certain » que celui-ci prendra les rênes de la Fed. Selon lui, les marchés semblent rassurés par son arrivée et s'attendent à ce que la nouvelle direction commence à ajuster les taux d'intérêt en fonction des indicateurs économiques.
Warsh, issu du monde des affaires, est perçu comme quelqu'un capable de naviguer avec habileté dans les enjeux économiques. Toutefois, son passé critique vis-à-vis de la Fed soulève des questions quant à sa réelle indépendance face aux pressions. Des experts craignent qu'il ne soit contraint de suivre les traces de Powell s'il ne répond pas aux attentes du président.







