Depuis l’exécution d’Adolf Eichmann en 1962, la peine de mort n’a pas été appliquée en Israël. Cependant, un changement législatif majeur suscite une vive controverse. Lors d’un vote dans la nuit du 11 au 12 mai, la Knesset a approuvé l’établissement d’un tribunal militaire spécial chargé de prononcer la peine capitale à l’encontre des Palestiniens accusés d’implication dans les attaques du 7-Octobre, orchestrées par le Hamas et d’autres mouvements palestiniens.
Le tribunal siégera à Jérusalem et jugera des crimes commis lors de cet assaut tragique, qui a infligé de lourdes pertes humaines, avec 1 221 victimes israéliennes, majoritairement civiles, ainsi que de graves violations des droits humains, comme des enlèvements et des agressions sexuelles. La nouvelle législation s’inscrit dans un cadre plus large et comprend des accusations variées allant du meurtre à la violence systématique.
Cette législation se distingue de la loi adoptée en mars, qui élargissait la peine de mort pour les « terroristes », puisque celle-ci s’applique rétroactivement et risque d’être contestée devant la Cour suprême d’Israël. Pas moins de 93 députés ont voté pour cette loi, sans aucune abstention, ce qui témoigne d’un large soutien à l’initiative au-delà des capacités de la coalition gouvernementale actuelle dirigée par le Premier ministre Benyamin Nétanyahou.
Simcha Rothman, député et co-auteur de la loi, a qualifié ce texte de « cadre historique destiné à rendre justice » pour les atrocités vécues par le pays. En revanche, des voix critiques, comme celle de Sari Bashi, directrice du Comité public contre la torture en Israël, mettent en garde contre une dérive vers une « justice spectacle », qui pourrait mener à des exécutions de masse fondées sur des confessions obtenues sous contrainte.
Les implications d’un tel tribunal vont au-delà du simple cadre législatif, soulevant des questions éthiques et juridiques sur la nature de la justice en période de conflit. Avec l’augmentation des tensions, cette mesure pourrait marquer un tournant inquiétant dans le traitement des accusés palestiniens, à la fois d’un point de vue national et international.







