C’est principalement dans les grandes agglomérations que les cyclistes apparaissent masqués, nez et bouche recouverts par des dispositifs spécialement conçus. Mais ces masques antipollution sont-ils réellement utiles ou ne fournissent-ils qu'une illusion de sécurité ? Cette question mérite d’être examinée de près.
Dans les zones urbaines, les cyclistes sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air. En effet, lors de l’effort, ils inhalent beaucoup plus d’air qu’au repos — de trois à cinq fois plus, selon certaines études. Cela signifie également une exposition accrue aux particules fines (PM2,5) et au dioxyde d’azote émis par le trafic routier.
Les particules fines constituent un danger sérieux pour la santé, car elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons, se retrouver dans le système sanguin et ainsi augmenter le risque de maladies respiratoires, cardiovasculaires et même d’AVC. D’après Santé publique France, la pollution par les particules fines serait à l’origine d’environ 48 000 décès prématurés par an dans le pays, représentant la troisième cause de mortalité évitable après le tabac et l’alcool.
les masques antipollution peuvent-ils retentir les particules fines ?
La réponse est affirmative en conditions contrôlées. Les masques équipés de filtres FFP2, FFP3 ou d’équivalents comme le KN95 sont capables de capturer au moins 94 % des particules fines. Pour une protection supplémentaire contre les gaz nocifs tels que l’ozone ou le dioxyde d’azote, il est recommandé de choisir des modèles avec un filtre à charbon actif.
Cependant, pour être réellement efficaces, ces masques doivent être hermétiques, à l'image des masques de plongée, ce qui implique un ajustement parfait au visage. Malheureusement, porter un masque devient problématique lors de la pratique du vélo : les mouvements, la transpiration et le vent peuvent compromettre l’étanchéité. Comme le précise le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l’Association Santé Respiratoire France, un masque mal ajusté diminue son efficacité. En outre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) ne recommande pas l’usage des masques antipollution dans ce contexte.
quelles autres mesures prendre pour se protéger ?
Il est à noter qu’un masque antipollution peut devenir inconfortable, surtout lors d’efforts physiques intenses, comme dans les côtes sans assistance électrique. Dans ces conditions, la respiration s'accélère et le masque peut gêner. Pour améliorer le confort, il est conseillé d'opter pour des masques dotés d’une valve, facilitant l’expiration tout en permettant l'évacuation de l'air chaud et humide. Ces modèles peuvent être facilement trouvés dans les magasins de sport, les boutiques spécialisées en cyclisme ou en ligne.







