Adnan Hamad, un pèlerin irakien de 58 ans, peine à croire qu'il a accompli le dernier grand rite du hajj, réuni avec 1,7 million de croyants à La Mecque, même en période de conflits militaires dans la région.
Au premier jour de l'Aïd al-Adha, une fête majeure pour les musulmans, des foules se sont rassemblées dans la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la grande mosquée, pour participer à la lapidation des stèles représentant le diable, une tradition qui rappelle la résistance d'Abraham face à Satan.
Ce rituel, qui symbolise la détermination d'Abraham à obéir à l'ordre divin de sacrifier son fils Ismaël, se poursuit chaque année sans interruption. Les pèlerins, après avoir jeté des cailloux sur ces stèles, terminent leur état de pureté (ihram) en se coupant les cheveux ou en taillant une mèche.
« Je n'arrive pas à croire que j'ai terminé les rites du hajj », confie Adnan à l'AFP. « Chaque étape était enrichissante malgré la chaleur étouffante », dit-il, évoquant les défis imposés par l'environnement désertique. Marwa Dahchouri, une pèlerine égyptienne, partage également son expérience : « C'est une sensation unique, presque comme toucher le divin ».
Malgré les hostilités à travers le Moyen-Orient et l'impact des conflits, notamment l'ascension des tensions après le début des frappes israélo-américaines en février, les croyants se sont déplacés en nombre cette année, surpassant les statistiques de l’année précédente selon les autorités saoudiennes.
Le gouvernement saoudien, conscient de la situation instable, a renforcé ses dispositifs de sécurité. Le ministère de la Défense a promis d'être vigilant face à toute menace, illustré par des images de batteries anti-aériennes visibles autour de La Mecque, largement diffusées par les médias d'État.
Le hajj, un parcours spirituel d’une grande envergure, a eu lieu cette année sous une chaleur accablante, avec des températures atteignant les 45 degrés au mont Arafat, étape cruciale où des milliers de musulmans se sont rassemblés pour prier.
Ils ont ensuite passé la nuit dans la nature à Muzdalifah, recueillant des pierres pour le rituel de lapidation. La cérémonie se conclut par un dernier tour autour de la Kaaba, un symbole ultime de la foi musulmane, au cœur de la Grande mosquée.
L’Aïd al-Adha célèbre la volonté d’Abraham de sacrifier son fils, une épreuve évitée grâce à l’intervention de l’ange Gabriel. Lors de cette occasion, des sacrifices animaux, généralement des moutons, sont effectués, une partie de la viande étant distribuée aux nécessiteux.







