Le climat de tension entre Téhéran et Washington vient de franchir un nouveau seuil. En effet, l'agence Tasnim a annoncé que l'Iran met un terme aux négociations sur la résolution de la guerre au Moyen-Orient, jusqu'alors inactives depuis des semaines. Cette décision intervient face aux "crimes" en cours commis par Israël au Liban et aux accusations de violations du cessez-le-feu irano-américain établi le 8 avril, souligne Tasnim.
Les discussions, d'un format indirect, peinaient déjà à avancer depuis qu'un groupe israélo-américain avait lancé une offensive coordonnée contre l'Iran le 28 février dernier. Le ministère iranien des Affaires étrangères a également réitéré que la cessation des hostilités au Liban est indispensable à tout accord, en dépit des attentes du président américain, Donald Trump, qui souhaite voir le nucléaire iranien au cœur des discussions.
Le week-end dernier, l'armée américaine a intensifié ses frappes sur le sud de l'Iran, visant des installations stratégiques. Selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), ces bombardements faisaient suite à des attaques récemment orchestrées par l'Iran. Ce dernier a d'ailleurs été accusé par le Koweït d'avoir tiré des missiles et des drones "hostiles", provoquant une tension accrue dans la région.
Le contexte de guerre, qui a causé de nombreuses pertes humaines, renforce l'angoisse au sein des marchés mondiaux, notamment avec une flambée des prix du pétrole. Téhéran a pris des mesures strictes depuis fin février, verrouillant le détroit d'Ormuz, essentielle voie de transit pour le pétrole, tandis que les États-Unis appliquent un blocus sur les ports iraniens.
Des sources proches de l'administration américaine, dont le New York Times, ont rapporté que Trump avait durci les termes des négociations, insistant pour qu'un nouveau protocole d'accord stipule clairement que l'Iran ne se dotera pas d'armes nucléaires. De plus, CBS a évoqué la possible prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, mais cela semble compromis par l'escalade actuelle des tensions.
Dans ce contexte déjà complexe, les déclarations du président Trump et la fermeté des négociateurs américains pourraient influencer la dynamique des pourparlers avec Téhéran, qui continue de revendiquer son droit à un programme nucléaire civil tout en déclinant toute volonté de développer des armes atomiques. Le peuple iranien, interdit de voir la lumière au bout du tunnel, demande la libération de ses avoirs gelés à l'étranger, ce qui pourrait faire l'objet d'une deuxième phase de négociations.







