Le cadre légal au Brésil permet l'avortement en cas de viol, de danger pour la vie de la femme enceinte, ou de malformation fœtale. En dehors de ces circonstances, l'interruption volontaire de grossesse est punie de quatre ans d'emprisonnement.
Récemment, le Sénat brésilien a adopté une nouvelle législation qui complique l'accès à l'avortement pour les adolescentes victimes de viol. Cette décision fait suite à une approbation préalable par la Chambre des députés. Le texte approuvé a éliminé une directive du Conseil national des droits de l'enfant et de l'adolescent (Conanda), un organe gouvernemental responsable de la protection des jeunes confrontés à des violences sexuelles.
La directive abrogée mettait l'accent sur la priorité des intérêts des victimes. La loi permettait aux mineures en désaccord avec leurs parents ou tuteurs de bénéficier d'une assistance juridique gratuite pour faire valoir leurs droits, en particulier concernant l'interruption de grossesse. Ce point a été vivement contesté par des figures conservatrices.
La sénatrice Damares Alves a exprimé que cette règle «néglige le rôle et affaiblit le pouvoir des parents et des responsables pour décider de la prise en charge des adolescentes victimes de violences». Le débat au Sénat a été expéditif, ne durant pas plus de deux minutes. Avant de devenir effectif, ce texte doit encore être validé par le Congrès, dominé par des partis alliés à l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro et d'autres groupes conservateurs.
Le Conanda a qualifié cette décision de «grave régression» et de «défaite historique dans la protection des filles et des adolescentes au Brésil». Ce tournant suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains, qui craignent une détérioration des protections juridiques pour les jeunes filles vulnérables dans le pays.







