Des centaines de ressortissants étrangers, principalement du Malawi et du Mozambique, se retrouvent dans une situation précaire en Afrique du Sud, où ils craignent pour leur vie. Après avoir été contraints de quitter leurs maisons « comme des chiens », ces personnes ont trouvé refuge dans des salles communales sur la côte sud, témoignant d'une nouvelle montée de la violence xénophobe dans le pays.
À Gansbaai, à environ 110 kilomètres au sud-est du Cap, des groupes de résidents se sont regroupés pour traquer les étrangers, leur ordonnant de quitter le pays. Plusieurs d'entre eux ont partagé leur expérience de fuite : « Ils nous ont chassés comme des animaux... je suis un être humain », déplore un jeune homme mozambicain, Thomas Vincent Baloyi, qui a passé 16 ans en Afrique du Sud. Malgré ses documents en règle, il s'est vu intimidé et forcé de fuir dans la nuit.
« Ils nous ont chassés comme des chiens… ce n’est pas juste, je suis un être humain », raconte un réfugié.
Une hausse des tensions sur la côte
Les manifestations d'opposition aux étrangers, souvent perçus comme des boucs émissaires de la crise économique et de l'insécurité, ont dégénéré en violence à Mossel Bay, une ville plus au nord. Plus de 50 maisons ont été ravagées par les flammes, et deux ressortissants mozambicains ont été tués dans les troubles.
D'après le gouvernement mozambicain, ces violences ont trouvé un écho tragique avec au moins cinq morts signalés. En effet, des milliers de Mozambicains commencent à retourner au pays, le Ghana et le Nigeria ayant également pris des mesures pour rapatrier leurs citoyens. Les gouvernements de ces pays réagissent face à une situation de plus en plus alarmante.
Aucun étranger n'est le bienvenu
La situation devient de plus en plus précaire pour ceux qui n'ont pas pu fuir à temps. « Ils sortaient les gens de force de chez eux… qu'on soit en situation régulière ou pas, ils ne veulent aucun étranger dans le township », déclare Msa Nomatiti, conseiller municipal. Le climat d'impunité règne, et même ceux qui possédaient des papiers valides sont désormais menacés.
Des centaines de personnes continuent de trouver refuge dans des centres communautaires. À Kleinmond, à 40 kilomètres du Cap, une petite salle est remplie de dans le désespoir. « Ils prennent des machettes... comme pour chasser quelqu'un », explique Michael Markson, un Malawien. Dans une situation de panique et d'incertitude, les communautés étrangères s'organisent, mais le sentiment d'angoisse est omniprésent.







