Le programme nucléaire de la Corée du Nord est désormais considéré comme "absolument non-négociable", selon Kim Yo Jong, la sœur influente du dirigeant Kim Jong Un. Cette déclaration a été rapportée par les médias officiels du pays à l’aube de la visite imminente du président chinois Xi Jinping.
Dans une tribune publiée dans le Rodong Sinmun, Kim Yo Jong a souligné que "notre statut de puissance nucléaire est inattaquable". Elle a averti que Pyongyang ne tolérerait aucune menace envers sa souveraineté.
Bien que son titre officiel soit directrice des affaires générales du Parti des travailleurs, Kim Yo Jong est reconnue comme une figure clé dans les affaires politiques et diplomatiques du pays, agissant comme une proche conseillère de son frère. Son rôle est crucial dans le façonnement de la stratégie de communication de la Corée du Nord.
En 2023, la Constitution nord-coréenne a été modifiée pour affirmer de manière irrévocable son statut de puissance nucléaire, une position établie l’année précédente par Kim Jong Un. Cette affirmation intervient dans un contexte de lourdes sanctions internationales liées à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques.
Pour les États-Unis, la Corée du Sud et d’autres nations, la dénucléarisation de la Corée du Nord est une condition sine qua non à toute possibilité de levée des sanctions. Cependant, à Pyongyang, l'arsenal nucléaire, estimé à plusieurs dizaines d’ogives, est perçu comme une protection essentielle contre d’éventuelles tentatives d'invasion, un sentiment renforcé après les événements militaires récents impliquant les États-Unis en Iran et au Venezuela.
- "Rêves anachroniques" -
Kim Yo Jong a également réagi à une déclaration faite le 17 mai par la Maison Blanche, dans laquelle il était question de l'objectif de dénucléarisation proclamé lors d'une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. "Certains responsables américains semblent encore englués dans des illusions dépassées", a-t-elle riposté.
Elle a critiqué toute tentative de Washington de remettre en question le statut nucléaire de la Corée du Nord, déclarant que "ces déclarations unilatérales n'ont aucune valeur juridique". Elle a réaffirmé l'engagement de son pays vers une "dissuasion nucléaire défensive" inébranlable.
Kim Yo Jong a fait ces déclarations alors que Xi Jinping s'apprête à arriver en Corée du Nord. Ce dernier, qui représente le principal soutien économique de Pyongyang, entretient des liens étroits avec le régime nord-coréen.
D'après le Comité national sur la Corée du Nord, un groupe de réflexion basé à Washington, le commerce de la Corée du Nord dépendait en 2022 à 95% de la Chine, avec 85% de ses exportations destinées au géant asiatique.
Bien que, par le passé, la Chine ait soutenu la dénucléarisation de la péninsule, votant plusieurs résolutions de l'ONU contre Pyongyang entre 2006 et 2017, son approche a depuis évolué. Les analystes estiment que la stabilité du régime nord-coréen est devenue la priorité de Pékin, qui considère la Corée du Nord comme un rempart face aux forces américaines en Corée du Sud.







