La tragédie de Lyhanna, âgée de 11 ans, a suscité une onde de choc en France, entraînant une forte mobilisation. Plus de 60.000 personnes se sont rassemblées pour exprimer leur colère face aux dysfonctionnements apparents de l'État. Les parlementaires, dont Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, réclament l'introduction d'une proposition de loi globale afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
En revanche, l'Espagne fait figure de pionnière dans ce domaine. Selon une étude de 20 Minutes, le pays a entamé une véritable transformation de sa législation dès 1996, notamment par une révision de son Code civil pour mieux protéger les mineurs. Mais c'est en 2004 qu'il a véritablement pris de l'avance avec l'adoption d'une loi intitulée « de protection intégrale contre les violences conjugales », explique Carole Viñals, maîtresse de conférences spécialisée en Espagne contemporaine.
Une législation exemplaire
Cette loi a été une avancée majeure en matière de reconnaissance de la violence genrée. « Ce qui la distingue, c'est la prise en compte des enfants », déclare Viñals. Elle permet la création de juridictions spécialisées, tant au civil qu’au pénal, afin de garantir une protection rapide pour les victimes, notamment les femmes et les enfants.
Des lois complémentaires ont suivi, comme celles promulguées en 2015, qui affirment « l'intérêt supérieur de l'enfant », et plus récemment, la loi « de protection intégrale des enfants et des adolescents contre la violence » (LOVIPI) de 2021, souvent appelée « Loi Rhodes », du nom de l’artiste James Rhodes, qui a témoigné des abus subis durant son enfance.
Une approche holistique
Le texte de la LOVIPI, structuré en soixante articles, adopte une approche globale des différentes formes de violence que subissent les enfants. Il a pour objectif d’instaurer une « obligation générale » de signalement des cas de violence, touchant non seulement les professionnels en contact avec des enfants mais aussi chaque citoyen. D'après un sondage de 2020 réalisé par l'association Save the Children, un quart des mineurs en Espagne ont subi des violences au sein de leur famille.
En guise d'extension de cette législation, le gouvernement espagnol a récemment mis en avant un avant-projet de loi contre la violence vicariante, qui touche notamment les enfants comme victimes indirectes. Depuis 2013, 65 enfants ont été tués dans ce contexte en Espagne, un fait récemment tragique a particulièrement choqué les esprits : un père a perra la vie de ses deux filles pour faire souffrir son ex-compagne.
Face à ces situations alarmantes, l'Espagne montre bien qu'elle s'engage activement dans la mise en place de lois protectrices et en faveur de la prévention des violences faites aux enfants, un exemple à méditer pour d'autres nations.







