Mardi 23 juin 2026, les députés hongrois ont massivement voté des mesures anticorruption, facilitant l'accès à 16 milliards d'euros de fonds européens bloqués en raison des manquements à l'État de droit sous Viktor Orbán.
Le 23 juin, les députés hongrois ont approuvé des mesures pour lutter contre la corruption. Ces initiatives s'inscrivent dans une large offensive de réformes menée par le nouveau Premier ministre, Péter Magyar, et visent à permettre l'accès aux fonds européens en attente depuis longtemps.
L'Union européenne avait, fin mai, promis de débloquer plus de 16 milliards d'euros pour la Hongrie, mais avait gelé ces fonds, comme l'indiquait la Nouvelle République, en raison des violations des droits sous le gouvernement d'Orbán, en place de 2010 à 2026. Cette situation n'évoluera que si le pays adopte les réformes nécessaires pour résoudre ces questions.
En tant que conservateur pro-européen, Péter Magyar a promis un « changement de régime » après sa victoire en avril sur Viktor Orbán, qui a dominé la scène politique hongroise depuis 16 ans.
Surveillance renforcée
La loi anticorruption a été adoptée par 142 voix pour, 39 contre et 3 abstentions. Le parti Tisza de Péter Magyar, ayant plus des deux tiers des sièges au Parlement, peut ainsi modifier des lois essentielles et amender la Constitution sans le soutien des autres partis. Cette nouvelle législation étend les prérogatives de l'Autorité pour l'intégrité, un organisme créé fin 2022 pour combattre la corruption, mais qui était resté inactif.
Grâce aux modifications législatives, cette autorité sera désormais en mesure de contrôler les déclarations de patrimoine, de solliciter des enquêtes judiciaires en matière de corruption, et de suspendre les procédures d'attribution de marchés pour protéger les fonds européens.
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Réformes médiatiques en perspective
Les fonds européens, gelés dans le cadre de plusieurs procédures contre les politiques d'Orbán, constituent environ 13 % du budget national, comme l'a souligné Péter Magyar, et pourraient revitaliser une économie en difficulté. Ils pourraient être accessibles d'ici la fin de l'année si Budapest suit le plan de réformes établi par les responsables européens.
Les députés hongrois devront aussi se pencher sur une réforme des médias publics, accusés par l'opposition d'être devenus des outils de propagande. La méthode expéditive adoptée pour ces réformes a suscité des critiques, rappelant déjà les pratiques du précédent gouvernement. Un recentrage des délais de délibérations en urgence a été voté, levant temporairement le plafond des procédures jusqu'à la fin de l'année.







