Le Venezuela est plongé dans le désespoir après deux puissants séismes, enregistrés avec des magnitudes de 7,2 et 7,5, qui ont eu lieu mercredi dernier. Le bilan tragique ne cesse d'augmenter avec au moins 920 morts et plus de 50 000 disparus, selon des sources officielles.
La ville côtière de La Guaira, voisine de Caracas, est particulièrement touchée, avec des immeubles réduits à des tas de gravats. Les habitants s'alarment des opérations de secours, jugées insuffisantes par les autorités locales, malgré la mobilisation de la communauté internationale.
Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, a averti que le nombre de décès pourrait encore grimper. "L'ONU a déjà signalé que la situation humanitaire est extrêmement complexe", a déclaré Tom Fletcher, chargé de l'aide humanitaire. Les victimes, parmi lesquelles de nombreux étrangers, ajoutent à la gravité de la situation.
Pour aider au sauvetage, 14 000 militaires et policiers ont été déployés à La Guaira, comme l'a annoncé la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. Cette région a été mise sous contrôle militaire en raison de pillages signalés, exacerbant les tensions entre la population et les autorités.
Des équipes de secours internationales en provenance d'au moins 17 pays, dont les États-Unis, qui ont annoncé l'envoi de 250 experts, ont commencé à apporter leur soutien au Venezuela. Cependant, les méthodes de secours demeurent limitées face à l'ampleur de la destruction. "Il est peu probable de retrouver des survivants dans les décombres", a évoqué Nadiomar Polanco, chef d'une équipe de secouristes chiliens, soulignant la gravité de la situation.
La détresse des familles est palpable. Marlon Ochoa, un survivant, recherche sa mère et son fils parmi les ruines. "Nous avons besoin d'aide, il y a des gens vivants sous les décombres", a-t-il exprimé, réclamant des équipements de secours.
Des images poignantes émergent de La Guaira, où des habitants, tels qu'Alessandro del Giudice, cherchent désespérément leurs proches enfouis sous des montagnes de décombres. Les cris de douleur résonnent, tandis que les demandes d'assistance de la part de la population se heurtent à l'immobilisme des autorités.
Le réseau de solidarité s'organise malgré l'absence d'une réponse immédiate des autorités locales. Des citoyens se mobilisent pour dégager les lieux eux-mêmes, affirmant que l'armée devrait être mieux équipée pour des opérations de secours. David Nunez, un habitant, a déclaré avec frustration : "Les autorités ne servent à rien dans cette tragédie. Les militaires devraient être là avec tout le matériel nécessaire."
Lors d'un discours, Mme Rodriguez a tenté de rappeler l'importance du soutien américain en cette période difficile, mais elle a également essuyé des huées de la part de citoyens en colère face à son incapacité à assurer la sécurité et le bien-être de la population. Maria Corina Machado, dirigeante de l'opposition, a également déploré la situation, appelant à la libération des prisonniers politiques afin qu'ils puissent retrouver leurs familles.
Ce double séisme, l'un des plus dévastateurs que le Venezuela ait connus depuis plus d'un siècle, a été ressenti jusqu'en Colombie et au Brésil, et a provoqué plus de 300 répliques. Ce pays, déjà en crise économique et sanitaire, fait face à une épreuve d'une ampleur inédite.
Vendredi, des moments de silence ont été observés lors des matches de la Coupe du monde de football en hommage aux victimes. La communauté internationale suit de près la situation, espérant que des mesures rapides seront mises en place pour aider le Venezuela à surmonter cette catastrophe.







