La militante tunisienne Sihem Bensedrine, âgée de 75 ans, est désormais confrontée à un procès inique qui l’a condamnée à 25 ans de réclusion le 27 juin dernier. Son engagement pour la justice lui attire en effet des poursuites judiciaires de plus en plus harcelantes.
Opposante au régime autoritaire de Kaïs Saïed, Bensedrine a qualifié son arrestation de « décision qui n’a rien à voir avec la justice », affirmant qu’il s’agit plutôt d’une manœuvre d’un « régime totalitaire » visant à éradiquer l’héritage de l’Instance vérité et dignité qu'elle a dirigée. Celle-ci avait pour mission de faire la lumière sur les abus subis par des milliers de victimes durant les mandats des dictateurs Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali.
Des organisations non gouvernementales, comme l’Organisation mondiale contre la torture, ont fermement dénoncé cette condamnation qu'elles qualifient de tentative d’« interdire la recherche de la vérité ». Les experts des droits humains s’accordent à dire que cette arrestation s’inscrit dans une série d’actions répressives prises par le gouvernement tunisien, visant à étouffer toute forme de dissidence.
Sihem Bensedrine, déjà emprisonnée de août 2024 à février 2025, incarne la résilience face à un système qui s’efforce de silencer les voix critiques. Son cas interpelle et continue d’attirer l'attention internationale, suscitant des inquiétudes quant à l'état des droits humains en Tunisie.







