En 2025, quelque 7.500 individus ont subi des accidents de la route provoqués par des conducteurs sans assurance. Ce problème touche également les trottinettes électriques.
Le combat contre la non-assurance automobile semble loin d'être gagné, comme l'illustre le rapport présenté le 29 juin 2026 par le Fonds de garantie des victimes (FGV), dont la mission est d'indemniser les 7.500 victimes recensées l'année précédente. « Nous observons un phénomène de non-assurance qui persiste en France, évoluant avec le temps », a expliqué Julien Rencki, directeur général du FGV. Bien que ce chiffre ait baissé de 7,3 % par rapport à 2024, le nombre de décès, s'élevant à 177, a malheureusement augmenté.
Depuis 1951, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) s'occupe des victimes d'accidents de la circulation causés par des conducteurs sans assurance ou non identifiés. Financé en partie par les cotisations des assurés, le fonds a versé 132 millions d'euros aux victimes l'année passée.
Les conséquences sont également « dramatiques pour les responsables », souligne Julien Rencki. En effet, le fonds se retourne contre les conducteurs fautifs, qui se voient obligés de rembourser « des montants considérables pouvant atteindre des millions d'euros de dommages corporels », ce qui peut les poursuivre tout au long de leur vie.
40 % des conducteurs non-assurés sont étudiants ou en difficulté financière
Le FGV a identifié plusieurs facteurs contribuant à ce fléau de la non-assurance, passible d'une amende de 750 euros : délinquance routière, conduite sans permis, ignorance de l'exigence d'une assurance responsabilité civile — qui couvre les dommages causés à autrui — et des primes d'assurance trop élevées, particulièrement pour les jeunes conducteurs.
D'après le FGAO, près de 40 % des conducteurs non-assurés sont étudiants ou en situation précaire, optant pour ne pas prendre d'assurance faute de moyens. Pour un jeune conducteur, l'assurance peut s'élever à 1.000 euros par an, sans compter les frais du permis et l'achat du véhicule.
Cette situation est reconnue comme « très problématique » par le directeur du fonds, qui appelle à « une réflexion collective impliquant assureurs et pouvoirs publics sur la façon d'offrir des solutions, notamment pour les jeunes en zones rurales ».
À la campagne, « l'accès à la mobilité est essentiel pour l'emploi », souligne Julien Rencki, insistant sur la nécessité de repenser la régulation des primes pour jeunes conducteurs ou de développer des formations post-permis qui pourraient leur permettre de réduire leurs sinistres. Les assureurs pourraient alors envisager une diminution de leurs tarifs.
Des contrôles renforcés à chaque excès de vitesse ?
Julien Rencki a également salué l'augmentation des efforts de détection de la non-assurance avant qu'un accident ne survienne, grâce à la vérification systématique des fichiers d'assurances en cas d'excès de vitesse supérieur à 50 km/h. Après ce « premier pas encourageant », il plaide pour que cette mesure soit élargie à tous les excès de vitesse.
Le FGAO a pris en charge l'an dernier 818 victimes blessées par des trottinettes électriques sans assurance, un chiffre en hausse de près de 8 % par rapport à l'année précédente. Depuis 2018, près de 4.200 victimes ont été soutenues par le fonds.
50 % des conducteurs de trottinettes électriques seraient sans assurance
Les utilisateurs d'engins de déplacement personnel motorisés, tels que les trottinettes électriques, sont tenus de souscrire une assurance de responsabilité civile. « Aujourd'hui, les trottinettes représentent une part plus significative des accidents non assurés que les deux-roues », remarque Julien Rencki.
Le Fonds de garantie a constitué un groupe de travail réunissant assureurs, autorités publiques, et sécurité routière pour adresser le problème. Environ 50 % des utilisateurs de trottinettes électriques ne seraient pas couverts par une assurance, un chiffre inquiétant comparé à d'autres types de véhicules.
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