Le parti indépendantiste Nazione a exprimé un rejet catégorique du projet de loi sur l’autonomie de la Corse, récemment adopté par l’Assemblée nationale. Selon le mouvement, le texte constitue un « recul pour la lutte nationale » et représente un véritable obstacle à leurs aspirations, avec « au moins quatre vices rédhibitoires », comme indiqué dans leur communiqué.
Cette loi, adoptée par 271 députés contre 202, est perçue par Nazione comme une relégation du peuple corse à une simple communauté, niant ainsi ses droits collectifs. En effet, les responsables du parti font valoir que, tant en droit constitutionnel qu'international, seuls les peuples disposent de la capacité d'autodétermination.
« Du point de vue du droit constitutionnel comme du droit international public, seuls les peuples disposent de droits collectifs, et notamment du droit à l’autodétermination », souligne Nazione.
Des critiques sur le pouvoir législatif confié au Parlement
Le mouvement critique également ce qu’il considère comme un manque de véritable pouvoir législatif. En effet, il appartiendrait au Parlement français de définir les domaines spécifiques où l’Assemblée de Corse pourrait légiférer. Cela, selon eux, éloigne la Corse du cadre habituel d’autonomie observé dans d'autres régions et îles d’Europe.
« On est donc très loin du droit commun de l’autonomie des îles et régions européennes », affirment-ils.
« Nous rejetons sans ambiguïté ce statut contraire aux intérêts vitaux du peuple corse », conclut le mouvement.
Les réserves concernant le corps électoral
Un autre point de discorde est l’amendement 111 adoptée par La France insoumise, qui vise à garantir l’égalité de tous les citoyens, fermant ainsi la porte à des propositions de co-officialité de la langue corse ou de préférences administratives. Nazione considère cela comme une entrave à leur modèle de revendication nationale.
Enfin, le mouvement s'oppose à la proposition de référendum qui, selon lui, ne prendrait en compte que les électeurs inscrits en Corse, laissant ainsi de côté l’authenticité et l’identité du peuple corse au profit d’électeurs nouvellement installés. Ils demandent une reconsidération de cette aspect pour garantir une juste représentativité.
« Nous rejetons sans ambiguïté ce statut contraire aux intérêts vitaux du peuple corse », ajoutent-ils, tout en réclamant l’instauration d’un « nouveau cycle politique, construit dans l’unité sur des bases résolument différentes ».
Le projet de loi attend désormais d’être examiné par le Sénat, dominé par la droite, et si validé, il devra encore être adopté par trois cinquièmes des parlementaires en congrès à Versailles.







