Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a annoncé que 88 000 plaintes pour violences sexuelles sur des mineurs sont actuellement examinées. Ce chiffre représente une hausse significative par rapport aux 70 000 plaintes signalées après le meurtre tragique de Lyhanna.
Ce réexamen des plaintes, qui inclut 7 452 dossiers où l'auteur présumé est identifié, vise à renforcer la réponse du système judiciaire face à ces crimes atroces. Selon Darmanin, ce processus permettra d'évaluer plus efficacement l'état actuel des enquêtes en cours.
Les appels à des comptes sont d'autant plus pressants depuis la tragédie de Lyhanna, qui a soulevé une vague de critiques à l'encontre du gouvernement. Le ministre a été la cible de critiques acerbes de la part de magistrats qui estiment manquer de moyens pour gérer ces affaires. "En dépit d'une conscience accrue des violences faites aux femmes, les enfants semblent encore négligés", a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d'améliorer les mécanismes de protection.
En réponse aux critiques, Darmanin a noté que, même si son ministère souffre d'une pénurie de ressources, des erreurs individuelles peuvent également expliquer certains dysfonctionnements. Par ailleurs, il a rappelé que la confiance entre la justice et les citoyens est malheureusement en déclin.
Le ministre s'apprête à défendre son projet de loi sur la justice criminelle à l'Assemblée nationale, un projet controversé visant à désengorger les tribunaux. Bien que certaines mesures aient été abandonnées, comme la proposition de plaider coupable criminel, il envisage de créer soixante nouvelles cours criminelles départementales pour mieux traiter les affaires de viols.
Malgré l'augmentation alarmante des plaintes, le ministre affirme que l'attention accrue portée aux violences sexuelles implique également de travailler sur des erreurs individuelles passées, et il appelle à une réflexion collective pour renforcer le soutien aux victimes et améliorer la gestion des plaintes.







