Le Premier ministre Peter Magyar affiche son ambition de conduire la Hongrie vers l'euro d'ici 2030. Il affirme que cela pourrait renforcer la stabilité et favoriser le développement économique du pays. Toutefois, des experts et des médias soulignent que des défis majeurs subsistent. Le pays doit encore se remettre de la gestion économique discutable de l'administration précédente, selon Hirado.hu.

Lors de la visite du président de l'Eurogroupe à Budapest, Magyar a déclaré : “Nous voulons remplir les conditions d’adhésion à la zone euro vers 2030”, rapporté par Hirado.hu. Ce plan vise non seulement à stabiliser l'économie, mais aussi à renforcer la confiance des investisseurs et de la population. Andras Karman, ministre des Finances, a déclaré que l'exécutif présentera prochainement un plan budgétaire à moyen terme pour remplir les critères nécessaires à cette adhésion, comme le signale le site Origo.

Large soutien de la population

Un sondage réalisé par l'institut Median révèle que 73 % des Hongrois souhaitent adopter l'euro, un soutien particulièrement fort chez les partisans du parti Tisza, avec 92 %22 % désirent une introduction rapide, tandis que 51 % préconisent une préparation approfondie avant d'abandonner le forint, comme l'indique HVG.

Actuellement, la Banque centrale européenne souligne que la Hongrie “ne remplit aucune des conditions requises pour l’adhésion à l’euro”, rapporte Telex. Selon l'économiste Sandor Jobbagy, une “politique économique durable” serait indispensable pour assurer une adhésion “réaliste” d'ici cinq ou six ans, si tout se passe bien.

Pour le moment, les critères d'inflation, de taux d'intérêts à long terme, ainsi que de régulations budgétaires et financières, font défaut, insiste Portfolio. Bien que le soutien populaire soit fort, il est inutile si les critères économiques ne sont pas respectés.

Budapest “devra cravacher”

“La Hongrie a perdu beaucoup de temps à cause d'inactions politiques sur les quinze dernières années”, considère Peter Akos Bod, ancien gouverneur de la Banque nationale. Il ajoute que l'économie, bien que mieux placée pour une future adhésion, ne sera pas transformée de manière instantanée ; des efforts significatifs seront nécessaires.

Des experts estiment que l'évaluation de Magyar n'est pas irréaliste, tant que des “réformes globales”, “une politique budgétaire crédible”, et “une réduction significative de la dette” sont mises en place. Parmi les mesures envisagées, une réforme du système des retraites pourrait s'avérer nécessaire, étant donné les défis démographiques croissants, selon Index.

Malgré l'optimisme du gouvernement, Nepszava alerte sur le besoin d'une action sérieuse, notant que “Bruxelles se méfie des fluctuations” du forint et que les conditions de déficit et de dette publique exigent de la rigueur.