Lors d'un vote qui a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, le Sénat a tranché en faveur de cette mesure, reposant sur la loi Duplomb, qui permet des dérogations sur des produits phytosanitaires. Malgré l'opposition du gouvernement, la réintroduction a été acceptée avec 183 voix pour contre 129, grâce à l'initiative de la droite et des centristes. Ce revirement a suscité la critique des partis de gauche et des associations de protection de l'environnement.
Les produits concernés, l'acétamipride et le flupyradifurone, sont envisagés pour des filières agricoles en difficulté, notamment la culture de la noisette et de la betterave. Cette décision pourrait avoir des conséquences significatives pour la biodiversité, en particulier dans le contexte d'une prise de conscience accrue autour des impacts des pesticides sur la santé et l'environnement.
Alors que cette question divisait déjà l'opinion publique l'année précédente, une pétition avait rassemblé plus de deux millions de signatures contre la première loi Duplomb. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a exprimé son inquiétude quant à la possibilité que ce texte soit renvoyé au placard : "Nous ne devons pas courir le risque que ce texte soit renvoyé au placard. On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes.". Rappelons que le gouvernement redoute que l'adoption de cette mesure mette en péril ses projets de loi d'urgence agricole.
Tensions politiques avant les discussions avec les députés
Les partis de gauche et certains membres de la majorité présidentielle contestent la réintroduction, évoquant des répercussions sérieuses pour la santé humaine et la biodiversité. Le sénateur écologiste Daniel Salmon a dénoncé cette décision comme un "gigantesque renoncement", tandis que le socialiste Jean-Claude Tissot l'a qualifiée de "retour en arrière inacceptable". Au mois de juin, plusieurs sociétés savantes ont également exprimé leurs inquiétudes, appelant à une vigilance accrue sur cette question cruciale.
Ce point sera en effet central lors des prochaines négociations entre députés et sénateurs, qui auront lieu en juillet. Historiquement, des dispositions similaires ont été annulées dans le cadre de la précédente loi Duplomb, mais les partisans de cette réintroduction espèrent qu'une approche plus encadrée leur permettra de passer cette fois-ci le filtre du Conseil constitutionnel.







