Les autorités nigérianes ont annoncé ce vendredi la libération de plusieurs élèves et enseignants enlevés en mai dans l'État d’Oyo. Selon le porte-parole de la présidence, cette opération a été réalisée sans contrepartie.
Le 15 mai dernier, 46 élèves et membres du personnel de trois écoles ont été enlevés lors d'une attaque armée, que l'armée a attribuée à des djihadistes de Boko Haram. Cet événement tragique a suscité une vive inquiétude quant à la propagation des violences extrémistes dans cette partie du Nigeria, historiquement considérée comme plus sécurisée.
Le raid, qui a eu lieu dans les communautés d'Esiele et Yawota, a déclenché des réactions immédiates, y compris des manifestations et une grève d’un mois des enseignants, notamment en raison des implications pour la sécurité scolaire. Une enseignante libérée a exprimé sa gratitude envers le président Bola Tinubu, affirmant dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux : « Nous comprenons votre engagement envers notre sécurité et nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait ».
Le président nigérian a annoncé avec fierté que l'opération de sauvetage, impliquant les forces de l'armée, de police et des services de renseignement, a permis de neutraliser plusieurs ravisseurs et d'arrêter huit autres. L’opération a été conduite à Orire, dans la région d’Ogbomoso. Bayo Onanuga, le porte-parole présidentiel, a précisé qu'aucune rançon n'avait été versée.
Les agents de sécurité ont réalisé un travail exceptionnel, et grâce à eux, nous avons survécu.
Christopher Musa, ministre de la Défense, a clarifié que les ravisseurs avaient tenté d'utiliser les otages comme moyen de pression sur le gouvernement. Cette inquiétude soulève des questions sur la gestion des otages dans des situations aussi précaires. Par ailleurs, le gouverneur de l'État d’Oyo a déclaré que la priorité est maintenant de garantir que les otages retrouvent rapidement leurs familles tout en soutenant leur réhabilitation.
Il est à noter que plus de 40 autres écoliers, dont des jeunes enfants, restent enlevés dans le nord-est du pays. Boko Haram a une longue histoire d'enlèvements de masse, le plus célèbre étant celui des lycéennes de Chibok en 2014, qui avait suscité l'indignation internationale. Alors que la sécurité s'est détériorée dans certaines régions du pays, cette libération offre une lueur d'espoir, tout en mettant en lumière les dangers toujours présents pour les enfants dans les établissements scolaires nigérians.







