En 2025, un bilan alarmant a frappé le monde des médias : 128 journalistes ont été tués, avec près de la moitié de ces tragédies survenues en Palestine. Cette situation choquante met en lumière un péril croissant pour les professionnels de l'information, souvent en première ligne lors des hostilités.
La Palestine s'impose comme le territoire le plus dangereux pour les journalistes, avec 56 d'entre eux assassinés depuis un an, conséquence des tensions exacerbées dans la région. Cette hausse est notable par rapport à 2024, accentuant un constat établi par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui parle d'une « alerte rouge mondiale » pour les correspondants de guerre.
« Nous n'avons jamais vu autant de pertes aussi rapidement sur un si petit territoire », a déclaré Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, lors d'une récente interview. Selon lui, la guerre à Gaza et les attaques ciblées sont directement responsables de ces fatalities, soulignant des cas emblématiques comme celui d'Anas Al-Sharif, journaliste d'Al Jazeera, victime d'une frappe qui a emporté plusieurs de ses collègues.
Alors que le droit international humanitaire protège le travail des journalistes, des voix s'élèvent pour dénoncer la situation précaire à Gaza. António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, a affirmé que « les journalistes à Gaza affrontent des risques similaires à ceux de la population qu'ils couvrent », à savoir déplacements, famine et mort. Il a aussi déploré l'interdiction qui frappe l'accès des journalistes internationaux à l'enclave.
La situation s’est encore intensifiée depuis les attaques du Hamas en octobre 2023, qui ont abouti à un blocus total de Gaza, rendant l'accès à l'information presque impossible. Malgré ces défis, de nombreux journalistes locaux poursuivent leur mission, poussés par un sens aigu du devoir. Wael Al-Dahdouh, chef du bureau de Gaza d'Al Jazeera, a évoqué cette responsabilité dans un message vidéo, affirmant que « sans notre témoignage, le monde resterait aveugle face à la souffrance de deux millions de personnes ».
La communauté internationale est de plus en plus interpellée, alors que des médias du monde entier ont uni leurs voix pour exiger justice et protection pour ces journalistes. Les appels à agir se multiplient, mais jusqu'à présent, les mesures concrètes pour mettre fin à cette spirale meurtrière se font attendre.
Il est temps que la voix des journalistes, souvent au péril de leur vie, soit entendue et protégée.







