Dans un élan solennel, Jean-Luc Mélenchon a exprimé son soutien à Nicolas Maduro, intervenant samedi soir sur la place de la République pour dénoncer son arrestation en plein Caracas. Ce geste symbolique met en lumière une problématique au cœur de la gauche française : la déconnexion entre la rhétorique et la réalité populaire.
Autrefois, la gauche se levait avec passion pour défendre les plus faibles, les opprimés, un engagement parfois imparfait, mais ancré dans la réalité humaine. Aujourd'hui, cette même gauche, pour une part significative, semble avoir transformé le peuple en une abstraction, en négligeant les conséquences de ses choix politiques. La colère des électeurs, leurs aspirations et leurs souffrances s'effacent derrière des idéaux rigides.
Le soutien indéfectible de Mélenchon au régime de Maduro n’est pas un simple écart, mais plutôt le reflet d’une fidélité idéologique qui privilégie les dogmes au détriment des réalités véniézéliennes. Le Monde rapporte que des millions de Vénézuéliens subissent la crise économique et les violations des droits humains, alors que l'opposition se retrouve souvent réduite au silence.
En défendant Maduro, on ne protège pas le peuple vénézuélien face à la crise, mais on défend un récit anti-impérialiste en opposition avec les États-Unis. Cette logique se retrouve également dans d'autres contextes, notamment en Iran, où la droite est largement étouffée. Le soutien à des régimes répressifs devient une stratégie pour sauvegarder des récits politiques, oubliant le regard humain derrière chaque chiffre et chaque désespoir.
Le même schéma se déploie au sujet des régimes militants comme le Hamas ou le Hezbollah. De nombreux militants de gauche, tout en se revendiquant des droits de l'homme, semblent réserver une attention sélective aux souffrances des peuples, évitant de pointer les abus lorsqu'ils se produisent dans des contextes qui pourraient remettre en cause leur lutte idéologique.
Ce phénomène témoigne d'une transformation inquiétante de la gauche, qui, au lieu de privilégier les droits humains, se complaît dans une logique d'alliances symboliques. Des voix critiques, comme celles provenant de Mediapart, appelent ce courant une dérive morale, signalant un renoncement à la véritable défense des intérêts populaires pour le profit d'une idéologie séduisante mais déconnectée.
En fin de compte, le soutien à Maduro et d'autres figures autoritaires constitue un symptôme d'une gauche en crise, apercevant son idole établie mais perdant de vue l'humanité qu'elle prétend défendre. La trahison d'un idéal à l’encontre de ceux qu’elle se targue de protéger n’est pas un simple égarement : elle se présente comme une trahison morale, cachée derrière des slogans et des idéaux, tandis que la souffrance des peuples continue de croître.







