Christian Croquelois, président du syndicat des buralistes corses, fait le point sur l'impact crucial de la dernière hausse des prix du tabac en Corse. Avec l'alignement des prix sur ceux du continent, les ventes de tabac ont chuté de près de 18 % en 2025, un chiffre alarmant pour les professionnels du secteur. Cette situation, autrefois épargnée, pose désormais de sérieux défis à la pérennité des commerces insulaires.
Depuis 2020, les buralistes ont anticipé cette évolution avec un plan de transformation, leur permettant de diversifier leurs activités. Christian Croquelois souligne que les buralistes ne se contentent plus de vendre du tabac ; ils proposent également des prestations de service à la personne, des produits fiscaux, et même des cigarettes électroniques, essentielles pour leur survie en période de crise.
Cependant, ces changements surviennent dans un contexte préoccupant. La hausse des prix favorise un marché parallèle florissant, un phénomène déjà observé sur le continent, selon des experts du secteur. Les douanes intensifient leurs contrôles pour contrer ce fléau, mais la tentation pour certains de se tourner vers le trafic illicite est forte.
Avec la proximité de l'Italie, la vente légale de tabac devient une option pour certains frontaliers. Christian Croquelois met en garde contre les risques encourus, notamment pour la jeunesse, liée à une augmentation des ventes au marché noir, qui pourrait déstabiliser davantage la tranquillité des régions corses.
Aujourd'hui, environ 200 buralistes exercent en Corse. Malheureusement, bon nombre d'entre eux sont en danger de disparition, en raison de la densité de leur réseau et d'un modèle économique fragilisé par la convergence tarifaire. Des discussions sont en cours avec la Confédération nationale pour mettre en place des dispositifs d'aide, mais le soutien de l'État se fait attendre.
Cette situation soulève des questions sur l'avenir du métier et l'importance d'adapter le cadre réglementaire pour garantir la survie des buralistes qui, depuis des années, contribuent au tissu économique local. Pour Christian Croquelois, la reconnaissance de leur travail est essentielle, surtout dans un contexte où la collectivité tire d'importantes ressources fiscales de leur activité, près de 950 millions d'euros depuis 2018.







