L’application Uber, récemment lancée dans la région de Bastia, a déclenché un flot de questionnements. Si elle propose des trajets et des tarifs variant entre 14 et 18 euros, la réalité sur le terrain semble tout autre. Après validation d'une course, un message apparaît : "tous les chauffeurs uberX à proximité sont occupés pour le moment. Réessayez dans un instant." Un constat qui laisse perplexe.
Adrien, artisan taxi à Bastia, n’est pas surpris par cette situation. "On avait entendu parler de l'arrivée d'Uber, mais à ce jour, il n'y a semble-t-il toujours pas de chauffeurs disponibles", explique-t-il. Face à cette réalité, les taxis locaux ont décidé de créer leur propre application, Taxi Club, offrant la possibilité de commander des courses et d'obtenir des devis. "Nous avons à peu près trente taxis enregistrés", précise-t-il.
Au niveau des tarifs, des différences notables se dessinent. "Pour un trajet de la Citadelle au bureau de poste Saint-Nicolas, Uber facture 17,94 euros, contre un forfait fixe de 8 euros pour les taxis, quel que soit le trajet en intra-muros", souligne Adrien. Il remet en question la flexibilité des tarifs Uber qui n’ont pas l’aval d’un système de régulation comme celui des taxis. "Nos compteurs sont homologués, et les tarifs sont imposés par la préfecture chaque année", rappelle-t-il.
Hervé, un autre artisan taxi basé à Bastia, dénote également que l'activité Uber reste sporadique, surtout en été. "L'hiver, il n'y a quasiment plus de circulation d'Uber ici", indique-t-il. En complément, les taxis continuent de répondre aux demandes de transport médical, un secteur crucial en dehors des périodes touristiques.
Les usagers, quant à eux, sont partagés. Lila, cliente fidèle des taxis, trouve encore le service local abordable. Pourtant, sa fille Aurélie, habituée d'Uber à Paris, met en avant des expériences négatives avec certains chauffeurs, soulevant ainsi des préoccupations sur la sécurité. À l'opposé, une retraitée de l’Éducation nationale exprime son indignation face à ce qu'elle considère comme une "concurrence déloyale" et privilégie les taxis pour soutenir les professionnels locaux.
Les opinions divergent par rapport à la présence d'Uber à Bastia, mais pour beaucoup, la qualité du service local et une réglementation stricte semblent l'emporter. Comme le souligne Hervé, "souvent, après comparaison des tarifs, les clients retournent vers nous." Alors que les usagers cherchent une solution de transport fiable, l’avenir d’Uber à Bastia demeure incertain. Le sujet mérite d’être suivi, tout comme les impacts sur l’économie locale et la régulation du secteur du transport.







