Alors que le gouvernement envisage une loi pour interdire l'usage des smartphones dans les établissements secondaires, la voix des syndicats et des éducateurs en Corse s'élève. À l'instar de l'interdiction mise en place au collège en 2018, les critiques fusent quant à la pertinence d'une telle législation.
Pierre-Dominique Ramacciotti, Président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur en Corse, soutient que l'initiative semble davantage être un coup de communication de l'État. "Il y a d'autres manières de gérer ce problème. Nous avons besoin de moyens et de priorités réelles, pas simplement d'une nouvelle loi", déplore-t-il.
Un enseignant du lycée Fesch d'Ajaccio ajoute : "C'était peut-être une occasion de mettre en place un sondage sur l'impact de la 'pause numérique' précédemment instaurée. Nous n'avons toujours pas de bilan significatif à disposition." Cette préoccupation est partagée par de nombreux acteurs du système éducatif en Corse.
Le syndicat appelle plutôt à des solutions pratiques, telles que l'embauche d'aides éducateurs et l'intégration de règles dans les règlements intérieurs des établissements. "Créer un règlement interne serait une approche plus intelligente, avec des sanctions pour son non-respect", propose un membre du syndicat.
Dans cette fervente discussion, le lycée Vincensini de Bastia semble avoir trouvé une alternative viable. Depuis la rentrée, il a mis en place un système de dépôt des smartphones, permettant aux élèves de récupérer leurs téléphones uniquement à la fin de la journée. Le proviseur Jean-Martin Mondoloni estime, sans données précises à l'appui, que cela a amélioré l'attention des élèves en classe.
Néanmoins, d'autres points de vue émergent. Pascale Albertini, élue au SNEP-FSU, signale des failles dans ce système. "Il subsiste des moyens détournés, comme cacher un vieux téléphone. De plus, certains élèves utilisent des montres connectées. Cela allège certes les distractions causées par les notifications, mais le système n'est pas infaillible. Il doit être perfectionné."
Si cette loi est mise en œuvre, des dérogations seront envisagées pour permettre aux lycéens de communiquer selon leurs besoins spécifiques dans le cadre scolaire. Une décision qui suscite déjà de vives réactions parmi les acteurs du milieu éducatif en Corse et ailleurs en France.
Les enjeux autour des smartphones au lycée continuent ainsi d'alimenter les débats, faisant de cette problématique un sujet brûlant à travers le pays.







