Le 20 janvier, l'administration Trump a dévoilé une nouvelle procédure simplifiée pour l'exploitation minière dans les eaux internationales, amalgamant les précédentes étapes d'autorisation pour en créer une seule. Ce changement soulève des inquiétudes parmi les défenseurs de l'environnement et les scientifiques, qui s'interrogent sur les impacts potentiels d'une telle accélération.
Le document, élaboré par l'Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA), regroupe l'exploration et l'exploitation dans une démarche innovante mais controversée. Ce projet fait suite aux instructions données par Donald Trump à son administration, visant à faciliter l'octroi de permis pour l'extraction sous-marine, même au-delà des eaux américaines.
D'un point de vue légal, selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Unclos), l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) est chargée de réguler l'exploitation des ressources minérales en haute mer. Cependant, l'absence de la ratification par les États-Unis de ces accords leur permet d'explorer cette avenue sans contraintes internationales.
Ecosystèmes parmi les plus méconnus
Selon l'administration américaine, les technologies d'extraction ont évolué, alimentant cette nouvelle impulsion. Pourtant, des experts comme Emily Jeffers, avocate au Centre pour la diversité biologique, soulignent le manque de données sur les écosystèmes marins, en affirmant que les permis délivrés pourraient mener à des conséquences irréversibles sur ces habitats fragiles.
Depuis cette annonce, l'entreprise canadienne The Metals Company (TMC) a tenté de contourner les contraintes de l'AIFM en soumettant une demande de permis d'extraction commerciale par le biais de sa filiale américaine. En réponse, l'AIFM a mis en garde ceux qui chercheraient à exploiter les fonds marins en dehors du cadre de la loi internationale.
Risques environnementaux préoccupants
Les richesses minérales des fonds marins sont convoitées pour leurs applications dans la technologie moderne, notamment dans les véhicules électriques et les appareils électroniques. Cependant, la communauté scientifique exprime de vives inquiétudes face aux risques de pollution, notamment la libération de métaux lourds dans l'environnement marin.
Alors que près de 40 pays, parmi les 169 membres de l'AIFM, appellent à un moratoire sur l'exploitation minière sous-marine, des figures politiques comme Emmanuel Macron qualifient cette entreprise d'« folie » au regard de notre méconnaissance des profondeurs marines. Pour l'heure, aucune opération d'extraction commerciale n'a été réalisée, mais les tensions autour de cette question continuent de croître, appelant à un débat urgent sur l'avenir de nos océans.







