Le gouvernement syrien a annoncé, mardi soir, un cessez-le-feu temporaire avec les forces kurdes, qui se trouvent sous pression militaire dans leur bastion du nord de la Syrie, abandonnées par leur allié américain. L'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a affirmé que la mission initiale des combattants kurdes, principalement engagés dans la lutte antiterroriste, était arrivée à son terme. Selon lui, le nouveau pouvoir syrien aurait la capacité de gérer les centres de détention des membres de l'Etat islamique (EI) précédemment établis par les Kurdes.
Après avoir été délogées d’Alep plus tôt en janvier dans des combats intenses, puis de Raqa et Deir Ezzor, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont désormais confinées à Hassaké, leur zone d'origine. Des forces du président islamiste Ahmad al-Chareh se sont positionnées tout autour d'elles, offrant quatre jours aux Kurdes pour soumettre un plan d'intégration pacifique de cette province majoritairement kurde au sein de l'Etat syrien.
Les deux parties se sont engagées à respecter ce cessez-le-feu durant cette période. L'intérêt du pouvoir syrien d'étendre son autorité à travers tout le pays a récemment été confirmé par un accord prévoyant l'intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein de son administration. Cet accord fragilise les aspirations autonomie de la minorité kurde, qui a établi une zone autonome dans le nord et le nord-est du pays pendant la guerre civile de 2011 à 2024.
Pourtant, les négociations entre M. Chareh et le leader kurde Mazloum Abdi n'ont pas abouti, selon Abdel Karim Omar, un responsable kurde interrogé par l'AFP. La crainte s'intensifie autour des camps de détention de l'EI dans la région, où des milliers d'ex-combattants, ainsi que des femmes et des enfants, sont rassemblés dans des conditions précaires.
Les FDS ont été contraintes de se retirer du plus grand camp de détention, al-Hol, pour défendre leur région, et ont appelé la coalition internationale à sécuriser ces centres. Al-Hol abrite environ 24 000 individus, dont 15 000 Syriens et environ 6 300 femmes et enfants de nationalités variées, y compris occidentales.
Le ministère syrien de la Défense a assuré être prêt à garantir la sécurité des prisons de jihadistes dans la zone, affirmant que tous les prisonniers avaient été repris et que leur sécurité était maintenant assurée. Donald Trump, dans une interview au New York Post, a accusé les forces kurdes d'avoir échoué à maintenir la sécurité, tout en louant le nouveau dirigeant syrien.
Sur le terrain, les FDS ont lancé un appel à la mobilisation des jeunes Kurdes, hommes et femmes, pour défendre leur territoire. Des civils armés ont déjà envahi les rues de la zone autonome. "Nous sommes déterminés à protéger nos villes", déclare Hassina Hammo, une habitante de 55 ans. En Turquie, en Irak et en Iran, des manifestations de solidarité se multiplient également, les Kurdes appelant à mettre fin à la violence. Salih Duman, un retraité de 72 ans, a exprimé : "C'est assez, il ne doit plus y avoir de sang kurde versé !".
Des dizaines d'individus se dirigent vers la frontière, espérant rejoindre Hassaké pour apporter leur soutien. Bien que des tensions croissantes persistent, les Kurdes demeurent fermement déterminés à défendre leur autonomie et leurs droits malgré la lourde pression qui pèse sur eux.







