Une hausse des droits de douane à 200 % sur les vins et champagnes français représenterait un coup sévère pour les viticulteurs. Ce durcissement des relations commerciales avec les États-Unis alimente les craintes parmi les producteurs, surtout après les tensions croissantes entre Emmanuel Macron et Donald Trump.
Pour Alexandre Cattier, viticulteur dans la Marne, les États-Unis représentent un marché crucial : « Nous exportons environ 20 % de notre production vers ce pays. Ce brut premier cru est l'une de nos meilleures ventes, mais l'ombre des nouveaux droits de douane menace de tout compromettre. » Il explique que, malgré un prix de vente inchangé à son importateur, les taxes exorbitantes appliquées à l'arrivée pourraient faire tripler le coût pour les consommateurs américains : « Une bouteille qui se vend 70 dollars pourrait atteindre 210 dollars, rendant notre champagne inaccessible. » Pour l’instant, il préfère suspendre ses envois vers l'Atlantique.
Christine Sévillano, présidente des Vignerons Indépendants de Champagne, témoigne également des conséquences de ces menaces. Elle a constaté une baisse significative de ses commandes, avec seulement 500 bouteilles exportées contre habituellement 3 000 : « Chaque bouteille non expédiée représente une perte majeure, près de 10 % de mon chiffre d'affaires. » En général, la France envoie plus de 27 millions de bouteilles de champagne par an vers les États-Unis, ce qui représente 18 % de ses exportations totales.
Ces incertitudes sur le marché américain, alimentées par les récents comportements protectionnistes de l'administration Trump, suscitent de vives inquiétudes parmi les producteurs français. D’après Les Échos, ces nouvelles menaces pourraient profondément redessiner le paysage de la viticulture en France, une industrie déjà éprouvée par les crises sanitaires et climatiques.
Les experts s’interrogent sur l’incapacité du secteur à absorber ces augmentations de coûts sans en faire peser le poids sur les consommateurs. L’avenir des exportations de champagne vers les États-Unis pourrait ainsi être remis en question, transformant une tradition française en un luxe réservé à quelques privilégiés.







