Le président élu d'extrême droite du Chili, José Antonio Kast, a récemment présenté les membres de son cabinet lors d'une cérémonie à Santiago. Il a surpris de nombreux observateurs en nommant deux anciens avocats de l'ex-dictateur Augusto Pinochet à des postes stratégiques. Fernando Barros a été désigné ministre de la Défense, tandis que Fernando Rabat prendra les rênes du ministère de la Justice et des Droits humains.
José Antonio Kast, qui entrera en fonction le 11 mars, a déclaré vouloir former un gouvernement « d'urgence » capable de gérer les défis actuels, comme la criminalité et l'immigration, qui ont fortement influencé sa victoire électorale avec 58 % des voix. Cependant, ces nominations sont perçues par beaucoup comme une provocation, surtout pour les familles des victimes de la dictature qui évoquent un « véritable manque de respect » envers ceux qui ont souffert sous le régime de Pinochet.
Le régime, responsable de milliers de disparitions et de morts, est un sujet encore sensible au Chili. Barros, en particulier, a une réputation d'attorney controversé, ayant défendu Pinochet lorsqu'il a été arrêté à Londres pour des crimes contre l'humanité en 1998. « Nommer quelqu’un qui a été dans l’entourage du dictateur le plus sanguinaire d’Amérique latine à un tel poste est choquant », a déclaré Alicia Lira, présidente d’une association de victimes.
En dépit de ses promesses d'un gouvernement inclusif, Kast a formé son cabinet sans consultation significative des partis qui l'ont soutenu. Ce choix a sans doute été motivé par sa volonté de rassembler une équipe d'individus avec peu ou pas d'expérience politique antérieure, mais avec des compétences professionnelles spécifiques. Gregorio Elías, politologue à l'Université du Chili, a noté que « ce gouvernement risque d'être perçu comme un retour en arrière, exacerbant les tensions entre les différentes couches de la société chilienne ».
Ce mouvement vers la droite, tout comme les victoires similaires d'autres partis d'extrême droite en Amérique latine, suscite des préoccupations quant aux droits humains et à la mémoire historique. Selon France 24, le Chili semble se diriger vers une polarisation accrue. La nomination de Barros et Rabat rappelle le passé douloureux du pays et soulève des questions sur l'avenir des droits humains au Chili.







