Élections en Birmanie : un dernier scrutin sous haute tension pour la junte

Le scrutin final est presque une formalité pour le parti pro-militaire en Birmanie.
Élections en Birmanie : un dernier scrutin sous haute tension pour la junte
Une bénévole (à gauche) de la Commission électorale de l’Union (UEC) utilise un mégaphone pour annoncer l’ouverture du scrutin lors de la troisième et dernière phase des élections générales en Birmanie, dans un bureau de vote à Rangoun, le 25 janvier

Ce dimanche 25 janvier, les bureaux de vote ont ouvert dans diverses circonscriptions birmanes, marquant la dernière phase des élections législatives. Le principal parti pro-militaire a déjà remporté plus de 85 % des sièges à la chambre basse et près de deux tiers à la chambre haute lors des précédentes phases, ce qui soulève des interrogations sur la légitimité du processus électoral.

Depuis son indépendance en 1948, la Birmanie a oscillé entre régimes militaires et périodes de gouvernance civile, mais la transition démocratique de la dernière décennie a été brutalement interrompue par un coup d'État en 2021. Ce coup a été suivi de l'arrestation de l'ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, qui a plongé le pays dans une crise humanitaire et une guerre civile continue.

A une semaine du cinquième anniversaire de cet événement dramatisant, cette troisième phase des élections devait se dérouler dans des dizaines de circonscriptions. Néanmoins, des observateurs étrangers, y compris ceux de l'AFP, ont qualifié ce scrutin de façade, affirmant qu'il s'agissait d'une manœuvre de la junte pour maintenir son emprise sur le pouvoir.

Le scrutin ne peut se tenir dans de vastes zones

Des reportages de l'AFP révèlent que des bureaux de vote ont été ouverts dans des villes comme Mandalay et des quartiers de Rangoun, mais le scrutin est complètement absent dans d'importantes régions sous contrôle de rebelles. La junte affirme que cette élection est un retour à la démocratie, alors que le parti de Suu Kyi, toujours emprisonné, a été dissous et non participant.

Lors des deux premières phases, le Parti de l’Union, de la Solidarité et du Développement (PUSD), souvent considéré comme le relais civil de la junte, a obtenu des résultats écrasants. En vertu de la Constitution adoptée par l'armée, un quart des sièges de chaque chambre est réservé aux forces militaires, ce qui confirme la structure autoritaire du système.

Le général Min Aung Hlaing, à la tête de la junte, n’a pas écarté ses ambitions présidentielles lorsque le nouveau parlement se réunira. Les résultats officiels sont prévus pour la semaine prochaine, mais une proclamation de victoire par le parti pro-militaire pourrait survenir dès lundi.

« Se déplacer n’est pas du tout sûr »

Les élections de 2020 avaient vu le parti de Suu Kyi triompher haut la main, mais elles ont été annulées par le coup d'État. La junte, pour justifier cette prise de pouvoir, a proclamé des fraudes électorales massives. Min Aung Hlaing a déclaré dans les médias d’État que « la fraude électorale est un problème grave dans une démocratie ». Pourtant, cette excuse est largement perçue comme une couverture pour la répression militaire continue.

Le pays est désormais en proie à une guerre civile, avec des groupes de guérilla pro-démocratie luttant contre la junte, souvent aux côtés d'armées de minorités ethniques historiques. Un aspirant député, souhaitant rester anonyme, a exprimé ses inquiétudes quant à la sécurité lors des élections, indiquant que « se déplacer n’est pas du tout sûr » et estimant qu'à peine un bureau de vote sur dix pourrait ouvrir dans certaines régions.

Il n’existe pas de statistiques officielles sur le conflit, mais le groupe de surveillance ACLED a estimé que plus de 90 000 personnes ont perdu la vie depuis la relance des violences. En outre, l’ONU évalue que près de 25 millions de Birmans vivent désormais sous le seuil de pauvreté, une situation alarmante qui fragilise davantage la stabilité du pays.

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