La jeune militante, proche du mouvement GenZ 212, a été interpellée pour "incitation à participer à une manifestation non autorisée" en raison de ses publications sur les réseaux sociaux.
Arrêtée dès sa descente d'avion à Marrakech, Zineb Kharroubi, âgée de 28 ans et résidant en France, a été transférée à Casablanca, d'après un rapport de Radio France. Elle a comparu devant le procureur du roi au tribunal de Casablanca le jour suivant son arrestation, comme l'explique également Le Monde.
Ce qui est reproché à la jeune femme, dont le parcours professionnel est lié au monde culturel en France, ce sont ses commentaires jugés critiques envers le régime marocain. Ses publications, qui relèvent de la liberté d'expression, sont perçues par les autorités comme une menace.
Une nouvelle audience le 26 février
Zineb Kharroubi est convoquée pour un procès le 26 février prochain, face à des accusations d'incitation à des manifestations non autorisées. En attendant, elle a été temporairement relâchée.
Engagée auprès de GenZ 212, ce collectif de jeunes marocains a organisé des manifestations pacifiques en septembre dernier pour exiger des réformes dans l'éducation et la santé.
Cette arrestation met en lumière la surveillance étroite dont font l'objet les militants au Maroc. Omar Arbib, membre de l'association marocaine des droits humains, déclare : "Les services secrets marocains ne laissent passer aucun activiste". Selon lui, chaque individu engagé est fiché et suivi de près, un comportement qui renforce l'idée d'un "régime autoritaire". Malgré ces menaces, il exhorte à la lutte.
Plus de 2 400 personnes sous les feux des poursuites au Maroc
Le collectif GenZ 212, qui a rassemblé des centaines de jeunes entre septembre et octobre, réclame des améliorations significatives dans les secteurs publics. Récemment, le gouvernement a promis un "effort budgétaire" pour 2026, notamment à destination de l'éducation et de la santé.
GenZ 212, sans leader officiel et comprenant plus de 200 000 membres sur Discord, a su mobiliser un large public. En s'adressant directement à Mohammed VI, ce collectif choisit de contourner les partis politiques et syndicats traditionnels.
Actuellement, selon Franceinfo, plus de 2 400 personnes, dont plus de 1 400 en détention, ont été poursuivies au Maroc suite à ces manifestations, soulignant l'atmosphère tendue qui règne autour des discours critiques à l'égard des autorités.







