La situation à Kherson est particulièrement préoccupante. À seulement trois kilomètres des forces russes, la ville subit quotidiennement des attaques par drones, les faisant tomber sur des cibles civiles et des infrastructures. Alors que la menace plane au-dessus des têtes, les habitants se mobilisent et, avec l'aide de filets de pêche importés, cherchent à contrer cette menace létale.
Le port de Kherson, autrefois un lieu vibrant de vie, est désormais un espace de danger permanent. Les récentes attaques, dont le fracas d'un obus d'artillerie de 122 mm près de la place de la Liberté, rappellent la réalité brutale du conflit. D'après les Nations Unies, les civils ne sont pas épargnés, avec jusqu'à 200 vies perdues en un an à cause de ce "safari humain" mené par l'armée russe.
Des filets bretons pour la protection
En réponse, la ville a reçu des filets de pêche provenant de Bretagne. Ces filets, qui ont si souvent été utilisés pour attraper du poisson, sont désormais redéployés pour attraper des drones. Serhiy, chef des services d'urgence de l'oblast de Kherson, souligne leur efficacité : "Dès leur arrivée, nous les avons testés et ils se sont révélés très résilients, protégeant ainsi les infrastructures vitales comme les hôpitaux et les sites énergétiques."
Avec 360 kilomètres de filets assurés par des dons et un soutien public, le centre où sont stockés ces filets est tenu secret pour éviter une attaque directe. "S'ils savent où se trouvent ces filets, cela pourrait les inciter à intensifier leurs attaques," prévient-il. Chaque type de filet a son utilité, et plus il y en a, mieux c'est pour décourager les incursions de drones.
Sauver des vies, un objectif quotidien
Les défis sont multiples. Comme le rappelle Maksym, directeur des secours d'urgence, "Chaque jour, ces filets sauvent des vies. Nos équipes récupèrent régulièrement des drones qui se sont accrochés. Ils offrent une sensation de sécurité aux habitants, même si la mort rôde à chaque coin de rue." Une résilience remarquable caractérise cette ville, où les règles de la vie quotidienne sont redéfinies par la menace constante. "S'arrêter à un feu rouge, c'est risquer sa vie," remarque Olga, une employée municipale, mémoire de la tension omniprésente.
Malgré le stress massif vécu par la population, qui développe pour certains des symptômes de stress post-traumatique, les habitants s'accrochent à leur terre. Ils préfèrent rester ici, là où le danger est palpable, à la place d'une vie plus tranquille mais éloignée de leur foyer. Ce paradoxe souligne la force d'une communauté prête à tout pour se défendre. ''Les gens se sont adaptés, mais cela a aussi un coût psychologique énorme,'' conclut-elle.







