En Russie, les consommateurs dans les supermarchés, comme celui de Lenta, se retrouvent à examiner chaque étiquette avec diligence. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, une vague d'augmentation des prix touche des millions de ménages russes. Le président Vladimir Poutine, en félicitant la trajectoire de l'inflation, affirme qu'elle serait tombée à 5,6 % en 2025, mais pour beaucoup, cela ne change rien. Selon un témoignage recueilli par 20 Minutes, Serguey*, un habitant de l'Oural, explique : "Je dépense tout ce que je gagne, il est impossible d'épargner."
Moins de 300 euros de smic
David*, un Britannique visitant régulièrement la Russie, constate que les prix, autrefois très accessibles, sont désormais en phase avec ceux de l'Europe occidentale. En 2026, le salaire minimum ne dépasse pas 27 093 roubles, soit environ 294 euros, ce qui rend la vie quotidienne particulièrement difficile. Maya*, une étudiante vivant à Moscou, note que de nombreux étudiants se voient contraints d'adopter un mode de vie austère pour simplement survivre.
D’écrasantes factures d’énergie
Les prix des biens essentiels vont en augmentant. Serguey témoigne : "Il y a quinze ans, le jus d'orange coûtait 30 roubles ; maintenant, il atteint 200 roubles, et parfois même disparaît des rayons." Cette tendance s’est également vérifiée dans le secteur énergétique. Selon des informations obtenues par 20 Minutes, les factures de gaz ont grimpé de 44 % entre 2020 et 2025.
Un braquage pour du beurre
La colère des populations face à la flambée des prix se traduit parfois par des actes désespérés. En novembre 2024, un homme a braqué un supermarché à Ekaterinbourg pour 20 kg de beurre, symbolisant ainsi les difficultés de plus en plus criantes que rencontrent les Russes. Serguey se sent épuisé, à la fois par l'insatisfaction économique et la guerre en cours, tout en nourrissant l'espoir d'un meilleur avenir en dehors de la Russie, si les circonstances lui permettent un jour de partir.
*Les prénoms ont été modifiés







