Carina, 20 ans, a été baptisée dans l'église catholique peu après sa naissance. Bien qu'elle ait grandi dans un environnement catholique, sa pratique était plutôt limitée. Ce n'est qu'à l'adolescence, suite à la perte de son grand-père, qu'elle a commencé à se rapprocher de la foi.
"Les défis familiaux et mon anxiété m'ont poussée vers Dieu", partage Carina. "Cela m'a apaisée, facilitant l'acceptation de mes échecs".
Pour ce Carême, Carina s'est engagée à respecter les 40 jours de prière, d'aumône et de restrictions alimentaires. Elle n'est pas seule dans cette démarche, car un nombre croissant de jeunes s'initient au Carême ou, comme en 2025, au Ramadan, qui débute le même jour.
Un parcours plus personnel
Selon l'Église catholique, la tendance montre une augmentation des jeunes adultes choisissant le baptême ou respectant le Carême. En 2024, 10 384 adultes ont reçu les sacrements lors de la nuit de Pâques, une hausse de 45 % par rapport à l'année précédente, selon la Conférence des évêques de France.
Carina est la seule dans son entourage à pratiquer assidûment. "Ce n'est pas un engagement familial; c'est en grande partie un choix personnel", explique-t-elle, elle qui a récemment pris le rôle de coordinatrice au sein d'un groupe de jeunes de sa paroisse.
Durant cette période, elle évite les grignotages, s’engage dans la prière chaque matin, lit un chapitre de la Bible chaque soir, et s'efforce de prier le chapelet quotidiennement. Elle utilise également les réseaux sociaux pour inspirer et échanger avec d'autres jeunes croyants. "Je remarque que beaucoup de jeunes se réorientent vers la foi, ce qui me donne espoir", indique-t-elle.
Des jeunes comme Louis, étudiant à Versailles, participent aussi à cette dynamique, profitant de cette période pour se recentrer sur eux-mêmes et avoir une meilleure connexion spirituelle. "Ce moment est bénéfique, surtout dans un monde en crise", affirme-t-il.
Des conversions authentiques
Les demandes de sacrements ayant connu une forte augmentation, Paola Auclaire, responsable de communication du diocèse d'Évreux, note que leur nombre est en hausse chez les adolescents. "Une centaine d’adolescents et 120 adultes sont attendus pour les baptêmes de Pâques 2026", prédit-elle, témoignant ainsi d'un regain d'intérêt envers la foi. Des jeunes, souvent influencés par les réseaux sociaux, trouvent des contenus en ligne qui les incitent à franchir la porte des églises.
Julie D., créatrice de contenu de 23 ans, témoigne également d'une démarche spirituelle personnelle dans sa pratique religieuse. Évitant les produits transformés durant le Carême, elle vise l'authenticité et la simplicité dans son alimentation, soulignant : "C'est un chemin vers une connexion plus proche de Jésus".
Unis dans la diversité
Parallèlement, une tendance similaire émerge parmi les jeunes musulmans. D'après une étude de l'Ifop de 2025, les jeunes musulmans entre 18 et 25 ans sont plus engagés dans la pratique religieuse que leurs aînés. Le taux de prière quotidienne a bondi de 28 % à 67 % au cours des deux dernières décennies.
Jasmina, 18 ans, aborde le Ramadan comme une période d'unité et de réflexion. "C'est essentiel, car cela nous rappelle de nombreux acteurs de la société qui vivent des difficultés", dit-elle, exprimant une vision de la foi basée sur la solidarité.
"En jeûnant, je prends conscience des réalités des autres", précise-t-elle, révélant l'impact social de cette pratique sur son regard sur le monde.
Jaciara, étudiante de 20 ans ayant récemment embrassé l'islam, échange régulièrement des expériences liées à la foi avec ses camarades, redécouvrant des traditions dans une ambiance joyeuse. Bien que pratiquant le Ramadan seule pour l'instant, elle trouve immense valeur dans son engagement.
Dans ce contexte, les jeunes s'appuient également sur des ressources en ligne, mais avec prudence. Jaciara avertit : "Il est crucial de choisir des sources fiables, car des interprétations erronées circulent souvent". Les réseaux sociaux, notamment TikTok et Instagram, deviennent des plateformes clés pour partager des recettes et des conseils, bouleversant les pratiques traditionnelles.
Ensemble, ces jeunes incarnent un mouvement de renouveau spirituel, rassemblant des pratiques ancestrales et des innovations modernes dans un dialogue interreligieux inédit. Que ce soit au sein de leur foi respective ou à travers des échanges, leur quête de sens reflète une aspiration commune : comprendre un monde en constante évolution et consolider leur identité spirituelle.







