Au Pakistan, un nombre croissant de personnes âgées et de jeunes de la génération Z optent pour les dispositifs à touches, s'éloignant des smartphones modernes. Les seniors, qui n’ont que peu d’intérêt pour la technologie avancée, et les jeunes, qui cherchent à contourner les risques de vol et les taxes élevées, retrouvent le charme des “téléphones à touches”.

Les “petits téléphones trapus”, comme les appelle le marché, connaissent un regain d’intérêt, surtout dans des lieux populaires comme le Saddar Mobile Market à Karachi. Selon Dawn, ces appareils 2G sont devenus des incontournables, avec une offre diversifiée de modèles neufs et d'occasion, très prisés par les consommateurs.

Les données de l'Autorité pakistanaise des télécommunications indiquent qu’en 2025, sur les 12,05 millions de téléphones assemblés dans le pays, 54 %, soit 6,53 millions, relevaient de cette catégorie. Le célèbre quotidien pakistanais souligne même que

“le marché des téléphones à touches au Pakistan est bien vivant et en pleine expansion.”

Mais qui sont ces acheteurs ? Comme l’indique un vendeur local, “les personnes âgées, véritablement attachées à leurs habitudes, ignorent totalement les smartphones”. Environ 16,5 millions de Pakistanais de plus de 60 ans s'accrochent à leurs modèles classiques.

Éviter les vols

Dans les magasins, les smartphones modernes sont soigneusement exposés, mais l'intérêt des clients reste faible. Étonnamment, les jeunes de la génération Z, malgré leur familiarité avec les nouvelles technologies, choisissent également les téléphones à touches. “Par sécurité, beaucoup de jeunes optent pour ces appareils lorsqu’ils sortent”, affirme Muhammad Irfan, un vendeur qui déclare vendre une vingtaine de téléphones à touches chaque mois, principalement à des jeunes adultes.

De plus, de nombreux consommateurs évitent d'insérer leur carte SIM dans les smartphones coûteux pour ne pas avoir à payer de lourdes taxes, utilisant ainsi leurs téléphones 2G pour passer des appels et envoyer des messages. La législation exige que les appareils importés soient enregistrés auprès de l’Autorité des télécommunications pour éviter le blocage des cartes SIM, ce qui dissuade de nombreux utilisateurs.