Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son jugement le 20 février concernant un important réseau de trafic d'armes reliant la Corse, le continent, la Suisse et la Sardaigne. Les peines infligées vont d'une amende de 2.500 euros à six ans de prison, avec cinq relaxes annoncées.
Après trois semaines d'audiences, le verdict a été prononcé pour les 22 prévenus impliqués dans cette affaire. Selon l'Agence France Presse, les sentences se révèlent moins sévères que celles demandées par le procureur, qui avait plaidé pour des peines de prison bien plus lourdes, notamment jusqu'à dix ans pour certains accusés.
La présidente du tribunal a expliqué que chaque condamnation était basée sur des preuves tangibles, notant que "une seule conversation non corroborée ne pouvait suffire au niveau probatoire".
Un des prévenus, Bertrand Dubois-Dit-Cossandier, a reçu une peine de cinq ans d'emprisonnement (avec trois ans de sursis) après avoir admis avoir fourni des armes à un autre accusé, Appien Coti. Ce dernier, considéré comme le chef de ce réseau criminel, a été condamné à six ans de prison. L'avocat de Coti, Me Erick Campana, a qualifié cette sentence de "tempête répressive" en arguant qu'aucun projet criminel n'avait été prouvé contre son client, qui se décrit en tant que "collectionneur d'armes".
Lors du procès, Appien Coti a provoqué un retournement de situation en reconnaissant être propriétaire d'un arsenal d'armement découvert récemment dans un bâtiment de Propriano. Le procureur, Nicolas Septe, a qualifié cette découverte de "véritable arsenal de guerre", composant notamment 18 kilos d'explosifs, 67 détonateurs, une quarantaine de grenades et une vingtaine d'armes à feu. Cette affaire soulève d'importantes questions sur les réseaux de trafic d'armes en Europe et sur la capacité des autorités à contenir ce fléau croissant.







